L'Europe mise sur des robots miniatures pour protéger les abeilles en déclin
Pour aider les abeilles à survivre dans un environnement de plus en plus hostile, l'Europe envisage sérieusement le déploiement de robots miniatures dans certaines régions. Ces recherches pourraient éviter le pire alors que la population d'abeilles ne cesse de décroître.
Des robots au secours de la reine des abeilles
Plusieurs chercheurs européens cherchent des solutions à grande échelle face au déclin des abeilles. Le dérèglement climatique et les pesticides controversés, souvent qualifiés de "tueurs d'abeilles" comme les néonicotinoïdes, empêchent ces insectes de se reproduire normalement et de passer l'hiver.
Le média Euractiv fait état de travaux menés par l'université de Graz, en Autriche, dans le cadre du projet RoboRoyale. Ce projet consiste à aider les abeilles grâce à des robots miniatures qui viendraient renforcer les colonies et seconder la reine, la seule à pouvoir assurer la reproduction.
Ces robots se chargeraient spécifiquement de nourrir la reine et de la laver, ce qui activerait plus facilement ses phéromones. Cette intervention permettrait ainsi à la population d'abeilles de se maintenir, voire de croître malgré les menaces environnementales.
Plusieurs projets innovants à travers le monde
Le projet RoboRoyale rassemble également l'université technique tchèque et celle du Moyen-Orient, basée en Turquie. Farshad Arvin, membre de cette équipe, explique que le dérèglement climatique qui vient bousculer les températures fait croire aux abeilles que nous sommes encore au printemps.
"La reine va se mettre à pondre en dehors de son cycle habituel, et en cas de gelées, les abeilles qui doivent naître finissent par mourir," précise le chercheur. "Notre objectif est de soutenir la colonie et son processus décisionnel naturel, et non d'interférer ou de passer outre le comportement des abeilles."
D'autres projets pilotes sont également en cours dans d'autres pays. Aux États-Unis, dans l'État du Massachusetts, le MIT développe des robots-insectoïdes qui viendraient remplacer les abeilles et deviendraient des pollinisateurs à part entière.
Ces drones minuscules peuvent atteindre une vitesse de pointe de 2 mètres par seconde et effectuer des manœuvres complexes. Les chercheurs à la tête de cette armée de mini-drones affirment toutefois qu'ils ne veulent pas remplacer les abeilles, mais bien les aider dans leurs tâches. Un projet japonais similaire avait déjà exploré cette voie en 2017.
À ce stade, la législation ne permet toutefois pas le développement à grande échelle d'un tel projet, mais cela pourrait changer si la situation l'exige.
Une menace écologique majeure
Les abeilles sont essentielles à l'écosystème naturel, et donc à notre survie. Elles font partie des pollinisateurs, un groupe qui a vu sa population baisser de manière importante en raison des activités humaines sur la planète.
Leur disparition pourrait avoir de lourdes conséquences sur la production alimentaire et donc créer un risque de famine généralisée. Sans insectes pour polliniser les vergers par exemple, de nombreuses cultures seraient menacées.
L'Union européenne renforce son cadre législatif
Pour tenter d'inverser la tendance et au-delà de ces recherches, l'Union européenne a indiqué aux États membres qu'ils devaient mettre en place un suivi des espèces pollinisatrices d'ici décembre 2026. Cela devrait aboutir à un état des lieux des populations existantes.
Les associations environnementales vont observer de près les actions à venir. C'est le cas de Pollinis, qui se bat pour la protection des abeilles domestiques et sauvages. Cette association cherche depuis plusieurs années à faire interdire les pesticides "tueurs d'abeilles".
La loi Duplomb et la question des pesticides
Ces pesticides ont été remis sur le devant de la scène avec la loi Duplomb, du nom du sénateur du même nom. Cette loi a été adoptée, puis partiellement censurée par le Conseil constitutionnel, qui a révoqué l'autorisation d'un néonicotinoïde controversé.
La loi avait provoqué la création d'une pétition à son encontre, rassemblant 2,1 millions de signatures sur le site de l'Assemblée nationale. Laurent Duplomb a néanmoins annoncé son intention de déposer une seconde proposition de loi, cherchant à autoriser à nouveau certains pesticides dont la nocivité a été prouvée.
Pour expliquer sa démarche, le sénateur évoque une nécessité pour le monde de l'agriculture, qui doit faire face à des nuisibles dans les récoltes. Cette position continue de susciter de vifs débats entre défenseurs de l'environnement et représentants du secteur agricole.



