René Bonnet, 71 ans, retraité de la comptabilité et enfant du village, a été élu maire de Régusse avec 47,6 % des voix lors des élections de mars dernier. Il dresse un premier bilan et fixe le cap pour 2027, avec des priorités claires : réorganisation des services, réouverture de la piscine, renforcement de l'offre médicale et maîtrise de l'urbanisation.
Un mandat sous le signe de l'apaisement
Le nouveau maire entend tourner la page d'un mandat 2020-2026 qualifié d'« exécrable ». Selon lui, le conseil municipal était fragmenté en quatre groupes – trois d'opposition et un groupe dissident – qui formaient ensemble la majorité, laissant l'ancienne maire en minorité. « Certains échanges n'étaient pas dignes d'élus », a-t-il confié. Pendant la campagne, il a fait de l'apaisement son principal objectif, malgré des attaques sur les réseaux sociaux et lors de la passation de pouvoir, provenant parfois de personnes n'habitant pas à Régusse.
Sa première grande décision a été de réorganiser les services municipaux, un chantier qui a pris quatre à cinq mois. Une réunion a récemment présenté la nouvelle organisation aux agents, qui sont une trentaine. René Bonnet espère que ce fonctionnement améliorera les choses.
Finances et projets pour 2027
À son arrivée, il a fallu refaire le budget, une tâche difficile. Cette année, la commune se concentre sur les frais d'études. Deux chemins communaux ont été refaits, ainsi que le plan de circulation. En 2027, l'objectif est de passer à la mise en œuvre des projets et aux travaux.
Parmi les projets phares, le permis de construire pour la piscine sera déposé d'ici fin septembre. Fermée depuis cinq ou six ans à cause d'une fuite, elle doit rouvrir en 2028 si les travaux, prévus en mars ou avril, se déroulent comme prévu. La pataugeoire sera extraite du grand bassin et installée à côté. René Bonnet compte demander une subvention exceptionnelle à l'agglomération.
Police municipale et offre médicale renforcées
La police municipale, installée près de l'accueil de la piscine, va déménager au centre du village, dans un local occupé par une ostéopathe qui a accepté de rejoindre le pôle médical vacant. Les policiers n'ont pas encore déménagé ; une réunion doit définir leurs besoins en aménagement, suivie de travaux en régie.
L'offre médicale est une priorité. L'ostéopathe occupe désormais un des deux locaux du pôle médical. Un médecin généraliste pourrait assurer des permanences plusieurs fois par semaine, avec une réponse attendue fin septembre ou début octobre. Un dentiste est également envisagé pour un autre bâtiment, mais l'ARS impose des transformations spécifiques, « assez onéreuses », dans un bâtiment pourtant presque neuf.
Urbanisation : freiner et attendre les schémas directeurs
René Bonnet est ferme : « Il faut arrêter ou, au minimum, freiner l'urbanisation et attendre les schémas directeurs concernant l'eau, l'assainissement, les poteaux incendie et le pluvial. » Ce travail prendra trois à quatre ans. La commune n'a pas de PLU, retoqué en 2023 ; il a été relancé avec des modifications, notamment une zone rendue non constructible. Le projet sera soumis au conseil municipal le 28 septembre, suivi d'une période de deux mois de recours.
Sur la fiscalité, le maire n'a fait aucune promesse : « S'il faut augmenter la fiscalité, je le ferai. Je ne chercherai pas à plaire. »