L'UNIL adopte le modèle du donut pour une recherche durable et équitable
L'UNIL adopte le donut pour une recherche durable

L'Université de Lausanne s'inspire du donut pour une stratégie de recherche durable

Pour élaborer une stratégie de recherche durable, qui limite ses effets sur l'environnement tout en produisant de nouvelles connaissances et en assurant de bonnes conditions de travail, l'Université de Lausanne en Suisse a adopté un cadre conceptuel innovant. Elle s'est inspirée du concept du donut, imaginé par l'économiste britannique Kate Raworth et popularisé en 2017 dans son livre La Théorie du donut.

Un cadre pour une zone "juste et sûre"

Ce modèle définit une zone "juste et sûre" pour les activités universitaires, située entre le respect des limites planétaires et un "plancher social". Ce plancher social englobe plusieurs facteurs essentiels comme la santé, l'emploi, l'éducation, le bien-être animal, ainsi que des valeurs d'autonomie et d'inclusion. L'objectif est de créer un équilibre entre la préservation de l'environnement et le bien-être humain.

Diagnostic environnemental alarmant à l'UNIL

L'Université de Lausanne a entrepris un diagnostic approfondi de son impact environnemental, à la fois à l'échelle locale et globale. Les résultats sont préoccupants : l'UNIL dépasse largement les limites planétaires établies. Cette étude détaillée servira de guide pour orienter l'université dans sa transition écologique nécessaire.

Voici quelques points clés du diagnostic :

  • Qualité de l'air : Sur le campus principal, la pollution atmosphérique a dépassé les seuils recommandés par l'Organisation mondiale de la santé pendant 147 jours cumulés en 2023.
  • Qualité de l'eau : Pour respecter les normes, l'état de la rivière locale doit atteindre un niveau supérieur au critère de "bon état".
  • Qualité des sols : Le campus principal présente un taux d'artificialisation de 39 %.
  • État de la biodiversité locale : Les seuils sont dépassés, mais cette donnée reste difficile à quantifier précisément.
  • Empreinte carbone : L'UNIL devra réduire son empreinte carbone actuelle de 93 % d'ici 2050.
  • Empreinte sur la biodiversité globale : Une réduction de 94 % de son impact sur la biodiversité est nécessaire d'ici 2050.
  • Empreinte azote : Les repas consommés hors cafétéria ont un impact sur le cycle de l'azote, sur lequel l'université n'a pas tous les leviers d'action.

Des seuils définis par la science

Plusieurs travaux scientifiques ont permis d'établir des seuils à respecter pour une quinzaine de paramètres environnementaux et sociaux. L'université a évalué l'impact de ses activités sur certains de ces paramètres, et elle est actuellement en train de quantifier le volet "plancher social". Cette évaluation vise à déterminer précisément où se situe l'UNIL et, surtout, à identifier les efforts nécessaires pour "entrer dans le donut".

Un concept adopté à l'échelle internationale

La communauté internationale, à travers le Doughnut Economics Action Lab, promeut l'idée que ce concept est un levier puissant pour élaborer des stratégies de développement à long terme. Plusieurs villes, comme Grenoble et Valence en France, ainsi que d'autres universités, ont déjà adopté cette approche innovante. L'UNIL rejoint ainsi un mouvement croissant visant à intégrer la durabilité et l'équité dans les politiques institutionnelles.