Une découverte archéologique majeure éclaire la domestication des chiens
De nouvelles études publiées dans la prestigieuse revue Nature apportent des éléments fascinants pour mieux comprendre la domestication des chiens et leurs relations ancestrales avec les humains. Des chercheurs ont analysé des ossements canins extrêmement anciens, comme le rapporte El País, offrant un éclairage inédit sur cette histoire commune.
Des restes découverts à 4 000 kilomètres de distance
Les ossements ont été mis au jour sur deux sites archéologiques situés à environ 4 000 kilomètres l'un de l'autre, dans l'actuelle Turquie, plus précisément sur le plateau volcanique de l'Anatolie centrale. Grâce à des méthodes d'analyse innovantes, les scientifiques ont pu dater des fragments minuscules, de la taille de grains de café, identifiés comme appartenant au plus ancien chien connu à ce jour.
Un chiot vieux de près de 16 000 ans
Ce canidé était un chiot ayant vécu il y a 15 800 ans, une découverte qui repousse considérablement la chronologie de la domestication. Auparavant, le plus ancien chien identifié datait de 10 900 ans, suite à la découverte d'ossements en Russie. Cette avancée confirme que le chien a été le premier animal domestiqué par notre espèce. « On parle de 6 000 ans avant que les humains commencent à vivre avec des vaches, des chèvres ou des cochons, et plus de 10 000 ans avant les chevaux », souligne l'un des coauteurs de l'étude.
Des liens étroits avec les humains du Paléolithique
À cette époque, les humains étaient encore des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique, et la fonction exacte des chiens reste incertaine. Cependant, les recherches ont révélé que ces canidés étaient nourris avec le même régime alimentaire que les humains, principalement composé de poisson, et étaient traités avec respect. Les ossements ont été retrouvés enterrés dans des sépultures humaines, comme l'indique Associated Press, suggérant une relation privilégiée et ritualisée.
Une domestication bien plus ancienne que prévu
De plus, les ossements provenant des deux sites turcs présentaient une proximité génétique remarquable, malgré des communautés humaines très distinctes. Cela indique que la propagation des chiens dans cette région du monde remonterait à une période encore plus reculée, probablement plusieurs milliers d'années auparavant, renforçant l'idée d'une domestication très ancienne et généralisée.
Clarification sur l'espèce grâce à l'ADN
Enfin, l'une des deux études a permis de résoudre une énigme concernant l'un des spécimens retrouvés. Jusqu'ici, il était incertain s'il s'agissait d'un loup gris, ancêtre du chien, ou d'un chien domestique. Les nouvelles techniques d'identification ADN ont confirmé qu'il s'agissait bien d'un chien domestique, apportant une preuve tangible de l'évolution de cette espèce aux côtés des humains.



