Il y a environ 300 millions d'années, durant la période du Carbonifère, la Terre était peuplée d'insectes d'une taille impressionnante. Des libellules avec une envergure de 70 centimètres, des mille-pattes de deux mètres de long... Ce gigantisme a longtemps été attribué à un taux d'oxygène atmosphérique plus élevé qu'aujourd'hui, atteignant jusqu'à 35 % contre 21 % actuellement. Cependant, une nouvelle étude publiée dans la revue Science Advances vient remettre en cause cette hypothèse dominante.
Une hypothèse fragilisée
Des chercheurs de l'Université de Californie à Berkeley ont mené une série d'expériences sur des insectes modernes, en les exposant à différentes concentrations d'oxygène. Leurs résultats montrent que la taille des insectes n'augmente pas significativement avec des niveaux d'oxygène plus élevés. "Nous avons été surpris de constater que l'oxygène n'est pas le facteur limitant que l'on pensait", explique le Dr. Sarah Johnson, co-auteure de l'étude.
De nouvelles pistes
Les scientifiques avancent désormais d'autres explications pour le gigantisme des insectes du Carbonifère. Parmi elles, l'absence de prédateurs aériens, un climat plus chaud et humide, ou encore une pression atmosphérique différente. "Il est probable que plusieurs facteurs aient joué un rôle, et non un seul", précise le Dr. Johnson.
- Prédation réduite : Les premiers vertébrés volants, comme les ptérosaures, n'apparaissent que bien plus tard, au Trias.
- Climat favorable : Le Carbonifère était caractérisé par un climat chaud et humide, avec une végétation luxuriante, offrant des ressources abondantes.
- Physiologie différente : Les insectes du Carbonifère avaient peut-être des systèmes respiratoires plus efficaces, leur permettant de mieux utiliser l'oxygène disponible.
Des implications pour l'évolution
Cette découverte remet en question des décennies de croyances scientifiques et ouvre de nouvelles perspectives sur l'évolution des insectes. "Comprendre pourquoi les insectes étaient si grands nous aide à mieux saisir les mécanismes de l'évolution et les interactions entre les organismes et leur environnement", souligne le Dr. Johnson. Les chercheurs prévoient de poursuivre leurs travaux en étudiant les fossiles et en modélisant les conditions environnementales du Carbonifère.
Cette étude rappelle que la science est en constante évolution et que les hypothèses les plus établies peuvent être remises en cause par de nouvelles preuves. Elle invite à une réflexion plus large sur les facteurs qui influencent la taille des organismes vivants à travers les âges géologiques.



