Conférence sur la peste en Lot-et-Garonne : l'histoire d'un fléau revisité
Conférence sur la peste en Lot-et-Garonne : histoire d'un fléau

La peste en Lot-et-Garonne : une conférence pour revisiter l'histoire d'un fléau

L'association Arimage propose, ce samedi, une conférence captivante sur la peste en Lot-et-Garonne, animée par le docteur Bernard Baldivia, historien de la médecine. Cet événement promet de plonger les participants dans les méandres d'une maladie qui a marqué l'humanité, avec des échos troublants jusqu'à nos jours.

Un retour sur les épidémies historiques

Le docteur Bernard Baldivia, membre de l'association agenaise Arimage, explorera les épidémies des siècles passés et les traces qu'elles ont laissées dans le Lot-et-Garonne. « Pars vite et reviens tard », titre d'un polar de Fred Vargas, sert de point de départ pour évoquer ce fléau qui a décimé l'Asie et l'Europe à de multiples reprises, et qui sévit encore aujourd'hui sous diverses formes.

Bernard Baldivia, ancien anesthésiste-réanimateur désormais retraité, s'intéresse depuis trente ans à l'histoire de la médecine. Il a vécu l'épidémie récente du Covid-19 et en a relevé des similitudes frappantes avec la peste, sur laquelle il a concentré ses recherches.

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Les mystères de la peste à travers les âges

Les contemporains avaient-ils une idée précise de cette « peste » qui les frappait sans discernement d'âge ou de classe ? Bernard Baldivia explique : « Jusqu'en 500, les gens parlent de peste pour désigner n'importe quelle maladie infectieuse épidémique tuant beaucoup de monde. On ne sait pas trop s'il s'agit de peste, de choléra, de rougeole ou de variole. »

Il ajoute : « Après cette date, des descriptions très précises montrent qu'il s'agissait bien de la peste, par exemple en évoquant les bubons. L'ADN a révélé qu'un chasseur asiatique en serait mort il y a 10 000 ans, et le microbe aurait pu apparaître là-bas. »

La grande peste et ses répercussions en Europe

Le terme de peste n'était pas utilisé en France avant le XIVe siècle. On parlait de pestilence, de grande mortalité, ou de fléau de Dieu. « En 1350 est survenue une terrible épidémie qui a tué entre un tiers et la moitié de la population européenne, ce qu'on a appelé la grande peste », rappelle le docteur.

Il précise : « Ensuite, il y a eu des épisodes tous les cinquante ans, ainsi que des petits foyers résiduels. Une autre grande épidémie de peste a dévasté le tiers de la Provence en 1720. » La maladie, propagée depuis les villes portuaires, a marqué les esprits lorsqu'elle s'est diffusée avec rage dans toute l'Europe au milieu du XIVe siècle.

La peste en Lot-et-Garonne : des traces historiques

Sur ce qui deviendra le Lot-et-Garonne, la peste est peu documentée avant 1300, mais l'épidémie a gagné des populations fragilisées par les guerres de Religion et les désastres liés aux inondations provoquant des famines.

Bernard Baldivia rappelle : « On sait qu'à Agen, un lieu-dit, les Loges Renaud (près de Saint-Jacques), était dédié aux pestiférés, d'abord enterrés là, puis parqués dans de petites cabanes en bois, les bordes. » Dans le Marmandais, le seigneur local a dû repeupler ses terres avec des populations issues du Poitou, signe qu'une grande mortalité avait sévi. L'épouse de Nostradamus, qui résidait à Agen vers 1530, aurait elle aussi péri de la peste.

Le cabinet de curiosités portatif du docteur Baldivia

Bernard Baldivia apporte avec lui une immense valise défraîchie, un véritable cabinet de curiosités portatif. On y trouve une tenue de cuir épais noire que portaient les médecins en 1720 pour se protéger, relativement efficace puisque les puces ne pouvaient les transpercer.

Les malades pouvaient être épouvantés devant ces masques de corbeau, dont le bec contenait des herbes censées repousser les miasmes. « Les scalpels pouvaient mesurer plusieurs dizaines de centimètres de long, comme les fers qui servaient à cautériser les bubons incisés sans anesthésie », explique-t-il.

Il ajoute : « Quant aux prêtres, ils vissaient des rallonges à un porte hostie, ce qui permettait de donner la confession et l'extrême-onction aux malades depuis la rue. » La valise contient bien d'autres surprises, dont un rat et une puce en peluche, et sa conférence en réservera bien d'autres.

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Informations pratiques

À l'initiative d'Arimage, cette conférence sur l'histoire de la peste en Lot-et-Garonne aura lieu samedi 28 mars, à 14 h 30, salle Canal (au 1er étage de l'hôtel de police municipale d'Agen), place du Docteur-Esquirol. Tarif : 7 euros pour les adhérents, 10 euros pour les non-adhérents.