Marc Prikazsky de Ceva Santé animale au One Health Summit de Lyon
Ceva Santé animale au One Health Summit de Lyon

Marc Prikazsky, PDG de Ceva Santé animale, au cœur du One Health Summit de Lyon

Marc Prikazsky, vétérinaire de formation et dirigeant de Ceva Santé animale, premier laboratoire français de santé animale basé à Libourne en Gironde, prendra la parole lors du sommet Une seule santé, le One Health Summit. Cet événement international, impulsé par Emmanuel Macron, se tiendra à Lyon du 5 au 7 avril 2024. La thématique de l'interconnexion des santés est au cœur des engagements de l'entreprise girondine depuis près de deux décennies.

Une vision « Une seule santé » adoptée dès 2009

En 2009, Ceva Santé animale a officiellement adopté la vision « Une seule santé », matérialisée par un nouveau logo représentant la Terre vue du ciel enveloppée par le C de Ceva. Ce symbole illustre une conviction fondamentale : sur notre planète, la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale sont intrinsèquement liées et interdépendantes. Prendre soin de l'une implique nécessairement de protéger les trois, formant un tout indissociable et un équilibre fragile.

Agir sur l'environnement a des répercussions directes sur la santé animale et humaine. Un rappel crucial : 75 % des maladies infectieuses émergentes chez l'être humain trouvent leur origine dans le monde animal. Cette réalité souligne l'impérieuse nécessité de construire des ponts entre les différents domaines de la santé et d'adopter une réflexion globale et systémique.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Lutte contre les zoonoses et médecine préventive animale

Ceva Santé animale concentre une part significative de ses efforts sur la lutte contre les zoonoses, ces maladies transmissibles des animaux à l'homme. L'ambition de la médecine préventive animale, véritable ADN de l'entreprise, est claire : si l'on ne peut interférer avec la nature, il est possible d'éradiquer des maladies dangereuses pour l'humain en intervenant sur la faune sauvage et les animaux domestiques.

L'exemple de la rage est particulièrement éloquent. En Europe, la maladie, autrefois véhiculée par les renards, a été éradiquée grâce à une stratégie de vaccination orale par appâts aériens, développée avec l'implication de Ceva, remplaçant les méthodes d'abattage. Aujourd'hui, la rage sévit encore, notamment en Afrique, dans certains pays de l'Est et en Inde, principalement transmise par les chiens errants, causant environ 60 000 décès par an, dont une majorité d'enfants.

Ceva a mis au point et fait enregistrer un vaccin oral pour les chiens errants, offrant une immunité de trois ans. La question cruciale qui se pose désormais est celle du financement : qui va payer, et comment aider les États aux ressources limitées à mettre en place une médecine préventive animale pour protéger les populations humaines ?

Un plaidoyer pour une approche intégrée et des financements innovants

Marc Prikazsky portera ce message à la tribune du sommet lyonnais. Il rappellera que l'approche « Une seule santé » est le fondement historique de la médecine, comme en témoignent les travaux de Pasteur sur la rage, initialement centrés sur les maladies des moutons. Après une période de recherche en silos, les crises récentes (Covid-19, grippe aviaire, chikungunya) ont brutalement remis en lumière l'évidence des interconnexions.

« Nous, les vétérinaires, avons la responsabilité de faire bouger les lignes. Nous sommes des épidémiologues. Quand la médecine humaine est de plus en plus individualisée, la médecine de ferme que nous pratiquons est une médecine de guerre. On cherche d'abord à sauver le plus grand nombre, quitte à sacrifier quelques individus », explique-t-il, citant l'exemple de la lutte contre la Dermatose nodulaire contagieuse bovine.

Les zoonoses sous surveillance et les défis économiques

Les recherches de Ceva se concentrent sur plusieurs zoonoses préoccupantes :

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale
  • Les maladies hémorragiques.
  • Les grippes (virus à ARN segmenté à fort potentiel de mutation).
  • Des maladies aux impacts sous-estimés, comme la fièvre Q, transmise des bovins à l'homme par inhalation et pouvant entraîner chez l'humain des affections nécessitant des traitements de longue durée.

La problématique du financement revient constamment : qui acceptera de payer pour un vaccin destiné au bétail lorsque le bénéfice économique et sanitaire se situe au niveau humain ? Ceva propose d'aborder la question par le prisme du risque humain. L'entreprise est ainsi en pourparlers avec les autorités des Baléares et des Canaries, régions d'élevage très touristiques, pour proposer un vaccin animal qui assurerait un tourisme serein et qui pourrait, en conséquence, être financé par… les ministères de la Santé.

Le One Health Summit de Lyon : un rendez-vous international majeur

Pour la première fois, un sommet international de haut niveau est entièrement dédié au concept « Une seule santé ». Le One Health Summit, organisé à Lyon, réunira plus de 40 États, une vingtaine d'organisations internationales, la communauté scientifique, des banques de développement et des collectivités territoriales. Des annonces d'initiatives et de projets concrets sont attendues à l'issue de ces trois jours de travaux, marquant peut-être un tournant dans la mise en œuvre opérationnelle de cette vision globale de la santé.