Depuis fin 2023, trois parcelles situées sur l'espace naturel départemental du Plan de La Garde, dans le Var, font l'objet d'aménagements que les riverains et l'association de défense du site dénoncent comme totalement illégaux. Ces parcelles se trouvent à proximité immédiate du puits de Fontqueballe, qui alimente la commune de La Garde en eau potable avec le puits de La Foux, et sont incluses dans le périmètre de protection immédiat défini par arrêté préfectoral, ce qui les soumet à des règles d'urbanisme encore plus strictes.
Des aménagements en zone protégée
Les parcelles, initialement à l'état de friche, ont été clôturées, défrichées, remblayées avec des cailloux et gravats, rehaussées, et récemment fermées par un large portail. Un compteur électrique a également été installé. Ces travaux interviennent dans une zone inondable, comme l'ensemble du parc de quelque 130 hectares, et en violation des arrêtés de protection. L'association de défense du Plan de La Garde a recensé une vingtaine de courriers adressés depuis 2023 aux instances concernées – Métropole TPM (gestionnaire du puits), préfet, Agence régionale de santé, mairie – ainsi que plusieurs plaintes auprès du procureur.
Des précédents inquiétants
Ce n'est pas la première fois que des constructions illégales sont signalées sur le Plan de La Garde. À l'été 2024, une église évangélique a été édifiée en quelques heures sans autorisation sur un terrain du site, et elle est toujours en place. Le pasteur concerné a été relaxé par la justice. Selon le président de l'association de défense, ces nouveaux aménagements font craindre l'installation prochaine d'une communauté importante, comme cela s'est déjà produit sur d'autres parcelles voisines. « Déjà, en temps normal, c'est interdit, mais là, c'est encore davantage le cas car on se situe à proximité immédiate d'un site précieux. Si on touche à la ressource d'eau d'une ville, on paralyse toute la ville », a-t-il déclaré.
L'absence de réaction des autorités
Malgré les alertes, les riverains déplorent l'absence de sanctions. « La police municipale se déplace régulièrement, mais sinon, on n'a aucune réponse. C'est quand même aberrant que l'État et les pouvoirs publics, face à ces agissements qui vont à l'encontre des mesures sanitaires et de sécurité, ne sanctionnent pas, alors même qu'il existe des arrêtés qui interdisent tout ça. Rien n'est conforme, tout est illégal. Sans compter que ça crée un précédent », ajoute le président de l'association. La situation met en lumière les difficultés de faire respecter la réglementation dans un espace naturel protégé, où la « cabanisation » – installation de constructions légères – est censée être interdite mais se développe régulièrement depuis des décennies.



