Moustiques-tigres : une éclosion historique en février annonce une saison précoce
Moustiques-tigres : éclosion historique en février

Une éclosion historique des moustiques-tigres en février

Une douceur inédite et des pluies abondantes en février ont favorisé l'éclosion anticipée des œufs de moustiques-tigres, annonçant une saison de piqûres plus précoce que jamais. Le 26 février, dans le cimetière de Pérols (Hérault), une larve de moustique-tigre a été repérée dans un vase posé sur une tombe. Une première historique : habituellement, il faut attendre début mars.

L'information, publiée par Le Parisien, a surpris les experts. « C'est vraiment très précoce, les éclosions des œufs ont surtout lieu à partir de mi-mars d'habitude », souligne Yannick Simonin, professeur des universités en virologie.

Des conditions météorologiques exceptionnelles

Cette année, la douceur exceptionnelle de février et ses pluies records ont créé un terrain de jeu idéal pour les larves. « La fin de la diapause dépend surtout de la température, et celle moyenne en février dans l'Hérault a été supérieure de + 3,2 °C par rapport aux normales de saison », précise l'entomologiste Guillaume Lacour, d'Altopictus. La pluie abondante, qui a rempli tous les récipients, a également accéléré le processus.

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Une menace sanitaire avancée

Les œufs éclosent, les larves grandissent, et en quelques semaines les adultes se mettent à voler. « Les moustiques-tigres devraient nous exposer à des maladies vectorielles dès la fin mars, soit beaucoup plus tôt que d'habitude », prévient Yannick Simonin.

L'an dernier, 93 foyers de transmission autochtone de dengue et chikungunya ont été recensés en France métropolitaine, totalisant 834 cas, principalement sur le littoral méditerranéen. La saison 2026 pourrait battre ce record si le printemps reste doux et pluvieux, propice à la prolifération.

L'action humaine, cruciale pour limiter les risques

« C'est maintenant que l'action humaine est cruciale », rappelle le virologue. Tous les récipients susceptibles de contenir de l'eau doivent être vidés ou retournés : un simple dé à coudre suffit à nourrir les larves.

D'autres espèces déjà actives

Les tigres ne sont pas les seuls à pointer le bout de leurs ailes. Les moustiques de marécage, particulièrement actifs près du littoral méditerranéen, sévissent déjà. « Contrairement aux tigres, ils volent très bien et peuvent parcourir plusieurs kilomètres. Dès qu'on sort à Montpellier, on se fait piquer ! », témoigne Guillaume Lacour.

Même les moustiques classiques, du genre Culex, hibernant à l'état adulte, reprennent leur activité avec les températures clémentes. Bien qu'ils ne transmettent ni dengue ni chikungunya, ils restent vecteurs du virus du Nil occidental, à l'origine de formes neurologiques graves, parfois mortelles, notamment chez les personnes âgées.

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