La Rochelle déploie un spectromètre de masse pour traquer les COV cancérogènes
La Rochelle traque les COV cancérogènes avec un spectromètre

La Rochelle intensifie sa lutte contre la pollution de l'air avec un équipement de pointe

La Communauté d'agglomération de La Rochelle renforce significativement son arsenal dans la bataille contre la pollution atmosphérique. Elle a décidé de financer la mobilisation, pour une durée de trois mois, d'un spectromètre de masse, un instrument technologique avancé dédié à la surveillance des composés organiques volatils (COV). Ces substances gazeuses, omniprésentes dans notre environnement, sont fréquemment identifiées comme cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction humaine.

Une réponse à une inquiétante surincidence de cancers

Cette initiative ciblée fait suite à des données alarmantes. Une étude menée par le registre des cancers de Poitiers, couvrant la période 2008-2019, a en effet révélé une surincidence notable de cancers des voies aérodigestives dans certains quartiers ouest de La Rochelle. Plus précisément, les hommes de ces zones présentent un taux supérieur de 33% par rapport à la moyenne de la population générale.

Les quartiers de Laleu, La Pallice, Mireuil, La Rossignolette, Chef-de-Baie et Port-Neuf, situés à proximité de zones industrielles, sont au cœur de cette investigation renforcée. C'est précisément dans ces secteurs que le spectromètre de masse sera déployé au cours du quatrième trimestre 2026.

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Un partenariat historique avec Atmo Nouvelle-Aquitaine

L'agglomération, qui a assumé la compétence de la lutte contre la pollution de l'air pour ses 28 communes, a confié cette mission à Atmo Nouvelle-Aquitaine. Cet organisme, basé à Périgny, est un partenaire de longue date pour la réalisation des campagnes de mesure de la qualité de l'air sur le territoire.

Le partenariat pluriannuel entre les deux entités prend une nouvelle dimension avec ce projet. Le spectromètre de masse permettra d'identifier et de quantifier avec une précision inédite les COV présents dans l'air respiré par les habitants. Le coût total des actions prévues pour 2026, visant à améliorer la connaissance de la qualité de l'air, s'élève à 67 554 euros. L'utilisation de cet équipement de pointe représente à elle seule un investissement de 14 000 euros.

Les COV : des émissions principalement industrielles

Les composés organiques volatils sont des émanations gazeuses issues de sources multiples :

  • Les procédés industriels (colles, peintures, dégraissants, solvants).
  • Les activités domestiques (produits d'entretien, conservateurs).
  • La combustion du bois.
  • Certaines activités agricoles.

Selon les données de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), la répartition nationale des émissions de COV est éloquente :

  1. L'industrie (agroalimentaire, imprimerie, traitement des métaux) est responsable de 31,4% des émissions.
  2. Les activités tertiaires en génèrent 31,1%.
  3. L'agriculture contribue à hauteur de 14,5%.

Cette cartographie précise des sources de pollution est un objectif clé de la campagne de mesure. Par ailleurs, Atmo Nouvelle-Aquitaine a annoncé son intention de réaliser des mesures spécifiques des pesticides dans l'air dès l'année 2027, élargissant ainsi le champ de la surveillance environnementale.

Cette action concertée de la Communauté d'agglomération de La Rochelle illustre une volonté politique forte de prévention sanitaire, en cherchant à établir un lien scientifique clair entre l'exposition environnementale et la santé publique, afin de mieux protéger les citoyens.

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