Gardon en crise : un classement rarement appliqué selon un expert
Gardon en crise : un classement rarement appliqué

Le 7 août 2026, un arrêté préfectoral a placé les bassins amont du Gardon en situation de crise, un niveau de vigilance rarement appliqué dans le passé. Jean-François Didon-Lescot, président de l'association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) du bassin alésien, s'est dit « surpris » que cette alerte soit si peu relayée auprès des communes.

Un comité de ressource en eau toujours mobilisé

Le comité de ressource en eau (CRE) de la préfecture du Gard continue de se réunir toutes les trois semaines pour faire le point sur la sécheresse. La dernière réunion a eu lieu jeudi 20 août 2026 à Nîmes, réunissant des représentants de collectivités, d'associations et des services de l'État.

Jean-François Didon-Lescot, ancien hydrologue et chercheur au CNRS, y a participé avec sa « double casquette » : représentant des consommateurs et expert scientifique. La CLCV est membre de la commission sécheresse depuis une dizaine d'années, après que l'EPTB Gardons a incité la Préfecture à l'inclure.

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Une représentation de la société

Pour cet homme de 72 ans, la participation de la CLCV est logique : « C'est tout simplement une représentation de la société. L'eau ne concerne pas uniquement les agriculteurs et les scientifiques. »

Il regrette un manque de sensibilisation de la population, illustré par une anecdote : « Au mont Lozère, j'ai rencontré des paysans qui disaient que leur eau venait des Alpes, via une voie souterraine du Rhône. »

Des niveaux légèrement meilleurs qu'en 2022

Lors de la réunion du CRE, Jean-François Didon-Lescot a constaté que dans plusieurs affluents, le niveau était « un poil plus haut » qu'en 2022, année où les bassins amont du Gardon étaient également classés en situation de crise.

Le classement de crise est « très rarement appliqué dans le passé, à la fois à cause de sa précocité, et les contraintes qu'elle impose pour les usages de l'eau et pour l'agriculture ».

Une station météo ouverte au public

Passionné des questions climatiques, Jean-François Didon-Lescot suit la station météo de Saint-Christol-lès-Alès. Il se souvient du 12 août 2003, où la température a atteint 44,1°C, une valeur confirmée par Météo France.

Il s'étonne du manque d'attention portée à la pollution à l'ozone : « Mon retour s'est effectué tranquillement, sur l'autoroute on mentionnait qu'il fallait réduire sa vitesse de 20 km à cause de l'ozone. Et je suis assez surpris, pour le moins qu'on n'en parle pas davantage en ce moment, grosse chaleur, grosse circulation, et courant ascendant renvoyant la pollution à l'ozone vers Alès. »

La station météo de Saint-Christol-lès-Alès sera ouverte à la visite le 20 septembre (ou le 19 septembre à 15 h pour les Journées du patrimoine, selon les sources). Le site est propice aux fortes valeurs : « On y a relevé pas moins de 17 valeurs égales ou supérieures à 40 °C depuis 2022, et ce, depuis 1947 où l'on enregistrait déjà 39 °C le premier août à Alès. »

Interrogé sur l'utilité des CRE, l'ancien responsable de l'observatoire hydro-météo du Mont-Lozère estime : « Nous sommes dans cette idée d'anticiper les situations à venir. Mais ce n'est pas entré dans les mœurs à la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer), qui suit un protocole national. »

La visite de la station météo est prévue le samedi 19 septembre à 15 h, pour les Journées du patrimoine. Contact : gard@clcv.org.

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