Salariés des centres de tri : une santé menacée par des risques multiples
Centres de tri : des salariés exposés à des risques multiples

Les salariés des centres de tri sélectif des déchets sont confrontés à une multitude de facteurs de risques pour leur santé, selon une étude publiée ce jeudi. L'enquête, menée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et la Direction générale du travail, dresse un constat alarmant sur les conditions de travail dans ces installations.

Des expositions multiples et combinées

Les travailleurs des centres de tri sont exposés à des agents chimiques dangereux, tels que des poussières, des métaux lourds et des composés organiques volatils. Ces substances peuvent provenir des déchets eux-mêmes, mais aussi des produits de nettoyage utilisés sur les chaînes de tri. L'étude souligne que les salariés inhalent régulièrement ces polluants, ce qui peut entraîner des maladies respiratoires chroniques, des irritations cutanées et oculaires, voire des cancers.

Outre les risques chimiques, le bruit ambiant dans les centres de tri atteint souvent des niveaux élevés, dépassant les 80 décibels. Cette exposition sonore prolongée peut provoquer une perte d'audition irréversible, des acouphènes et du stress. Les gestes répétitifs et les postures contraignantes, liés au tri manuel des déchets, sont également source de troubles musculo-squelettiques (TMS). Les salariés se plaignent fréquemment de douleurs au dos, aux épaules et aux poignets.

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Un manque de prévention et de formation

L'étude pointe du doigt un manque de mesures de prévention dans de nombreux centres de tri. Les équipements de protection individuelle (masques, gants, casques) sont parfois inadaptés ou non portés par les salariés, faute de formation ou de sensibilisation. De plus, la rotation des tâches, qui permettrait de limiter les gestes répétitifs, est rarement mise en place. Les auteurs de l'étude recommandent une meilleure évaluation des risques, une formation renforcée des employés et une automatisation accrue des tâches les plus dangereuses.

Les syndicats de salariés dénoncent depuis longtemps ces conditions de travail. Selon eux, la pression exercée par les objectifs de productivité et le manque de personnel aggravent la situation. Ils réclament des investissements dans des équipements de protection plus performants et une réduction de la cadence de travail.

Un enjeu de santé publique

Au-delà de la santé des travailleurs, l'étude soulève des questions de santé publique. En effet, les centres de tri sont souvent situés à proximité de zones urbaines, et les émissions de polluants peuvent affecter les riverains. L'Anses préconise donc un renforcement des contrôles des émissions atmosphériques et une meilleure gestion des déchets dangereux.

Cette enquête intervient alors que le gouvernement français prévoit d'augmenter les capacités de tri sélectif pour atteindre les objectifs de recyclage fixés par l'Union européenne. Il est urgent, selon les experts, de concilier transition écologique et protection de la santé des travailleurs.

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