Bordeaux : les riverains mobilisés contre le bruit des terrasses interpellent les candidats
Bordeaux : les riverains contre le bruit des terrasses interpellent

Bordeaux : la colère des riverains contre le bruit des terrasses monte en puissance

Dans le cadre de la campagne municipale, des associations de riverains, excédées par la pollution sonore générée notamment par les terrasses de bars du centre-ville, ont décidé d'interpeller directement les candidats. Un questionnaire a été adressé aux trois principales listes pour évaluer leur volonté réelle de s'engager contre ces nuisances, un véritable fléau pour les habitants vivant à proximité de certains établissements nocturnes.

Une mobilisation devant le palais Rohan

Président de l'association des riverains et résidents de Bordeaux, Stéphane Pusateri a organisé, ce vendredi 6 mars, une restitution publique des résultats devant le palais Rohan. L'objectif était de rappeler l'enjeu sanitaire de cette problématique. Plusieurs associations et habitants étaient présents, créant un moment de confrontation directe avec le maire sortant, Pierre Hurmic, qui passait par hasard sur les lieux.

Les échanges ont été tendus. Alban Colomes, un riverain du quai Louis-XVIII, a lancé au maire : « J'espère que vous n'irez pas au Conseil d'État ! ». Cette remarque fait référence à sa procédure judiciaire contre la Ville, condamnée pour son incapacité à limiter le bruit de cinq terrasses de bar. La mairie ayant fait appel, l'affaire n'est pas close.

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Un autre habitant de la rue Piliers-de-Tutelle s'est montré bien moins diplomate, accusant directement le maire : « Deux ans que je me bats contre la Bodega. Vous êtes responsable de la santé de ma femme et de ma fille, honte à vous. ». Les doléances ont rapidement dérivé sur d'autres sujets, comme le trafic de drogue en pleine rue.

Le maire tente de relativiser

Face à cette colère, Pierre Hurmic a tenté d'apaiser les esprits en affirmant : « Il y a plus de commerçants bordelais qui respectent la loi que ceux que vous citez. ». Interrogé sur la procédure à suivre pour signaler les infractions, il a répondu : « Ne me noyez pas sous les e-mails », tout en promettant des rendez-vous aux riverains concernés.

Le maire a également souligné les avancées réglementaires, mentionnant qu'une nouvelle version du règlement des terrasses, plus aboutie, était entrée en vigueur à la mi-janvier. Mais cette déclaration n'a pas convaincu l'assemblée, provoquant une vague de réprobation. « J'ai remis une pièce dans la machine », s'est désole Pierre Hurmic.

Stéphane Pusateri, catégorique, a rétorqué : « Depuis trente-cinq ans, aucune des municipalités ne fait respecter les règlements et les arrêtés municipaux. ». Un constat sévère qui résume le sentiment d'abandon des riverains.

Une consultation qui laisse à désirer

Le questionnaire envoyé aux candidats n'a reçu qu'un seul retour complet, celui de l'équipe du maire sortant. Thomas Cazenave, candidat de la droite et du centre, s'est entretenu avec Stéphane Pusateri, mais sans renvoyer le document. Le programme de Philippe Dessertine évoque une « charte du bruit et des sanctions », mais le troisième destinataire n'a pas donné suite.

Pour Stéphane Pusateri, ces non-retours valent opposition sur toute la ligne. Les revendications principales des riverains sont claires :

  • Avancer l'heure de fermeture des bars de 2 heures à minuit, comme recommandé par l'expertise judiciaire dans le litige du quai Louis-XVIII.
  • Fermeture immédiate et verbalisation des établissements ne respectant pas la réglementation, notamment l'étude d'impact ou les surfaces de terrasses autorisées.

Des réponses jugées insuffisantes

Pierre Hurmic a répondu négativement à ces demandes phares. Il a cependant accepté :

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  1. Un contrôle annuel et systématique des établissements diffusant de la musique amplifiée.
  2. La formation des policiers municipaux à la verbalisation systématique des infractions.
  3. La verbalisation et l'enlèvement des stationnements illicites dans les quartiers historiques.

Stéphane Pusateri regrette amèrement cette position : « Il répond oui pour des peccadilles. ». Les riverains présents ont partagé leur quotidien difficile, évoquant la prise de somnifères ou d'anxiolytiques, et des signalements restés sans suite. L'inertie des procédures et la non-intervention des policiers nourrissent toutes les suspicions.

Un père de famille de la rue Piliers-de-Tutelle confie : « Je ne sais plus quoi faire. Pour réduire tous ces problèmes, tu fermes à minuit, et il n'y a plus de soucis. Mais, 2 heures du matin, sans blague ! ». Un jeune chercheur en économie de l'environnement, propriétaire près du bar Grand Popo, abonde : « On ne demande pas grand-chose, on demande des verbalisations. ».

Il rappelle une évidence souvent oubliée : « La mairie place la pollution atmosphérique au cœur de ses politiques. Mais la pollution sonore aussi a des effets sur la santé. ». Cette mobilisation montre que le bruit reste un enjeu majeur de qualité de vie, loin d'être résolu malgré les promesses politiques.