Une mobilisation citoyenne pour sauver un écosystème marin en péril
Une pétition lancée fin janvier dernier a déjà rassemblé plus de 4 200 signatures. Portée par un collectif de 21 associations, elle plaide pour la création d'une aire marine protégée sur le plateau des Aresquiers à Frontignan, un site autrefois riche en vie marine aujourd'hui gravement dégradé.
L'urgence de protéger un patrimoine naturel unique
Le plateau des Aresquiers, vaste formation rocheuse de plusieurs kilomètres carrés, a subi une altération profonde au cours des quarante dernières années. Riverains, plongeurs et pêcheurs de loisir témoignent unanimement de l'effondrement spectaculaire de la biodiversité. Ce qui était autrefois un lieu regorgeant de poissons, crustacés, mollusques et calamars ne présente plus aujourd'hui qu'une fraction de sa richesse passée.
Le Comité départemental de voile de l'Hérault (CDV34), qui a officiellement soutenu la pétition, alerte : "Il n'est pas trop tard, mais il y a urgence d'agir. La vie peut revenir si on la protège." Cette adhésion, votée par 40 voix pour et une abstention lors de l'assemblée générale du comité, souligne la prise de conscience croissante parmi les usagers de la mer.
Un écosystème stratégique pour la Méditerranée
Le plateau abrite l'un des derniers herbiers de Posidonie du Golfe du Lion, des plantes marines cruciales dans la lutte contre le réchauffement climatique. Selon le CDV34, ces herbiers abritent plus de 25 % de la biodiversité méditerranéenne. De nombreuses espèces sédentaires y trouvent refuge, viennent s'y nourrir et y grossir, notamment le loup, la daurade et la rascasse.
Les scientifiques et les services de l'État identifient ce plateau rocheux comme stratégique pour la survie des espèces migratoires, en particulier celles menacées d'extinction. Sa protection revêt donc une importance qui dépasse le cadre local.
Une concertation réclamée pour une protection effective
Les pétitionnaires demandent "l'ouverture immédiate" d'un processus de concertation pour créer une aire marine "véritablement protégée" avec des moyens humains et financiers adaptés. Cette aire doit permettre de réduire l'impact des usages grâce à des aménagements spécifiques comme des ancrages écologiques, préservant ainsi les habitats tout en maintenant des activités à faible impact.
Le collectif cite en exemple les réserves marines protégées d'Agde et de Cerbère-Banyuls en Occitanie, présentées comme des modèles fonctionnels grâce aux moyens qui leur ont été attribués.
Une coalition large d'acteurs engagés
La pétition rassemble un large éventail d'associations : des riverains (Association des riverains de Frontignan plage, Entre mer et étangs), des usagers de la mer (AKLR, Aresquiers subaquatiques, CDVL34, Kayak Med, Kite-Wing-Maguelone, Muscat rames, Thau Kite Club, Tiki Center) et des organisations de protection de l'environnement (Ailerons, FNE Occitanie Méditerranée, Greenpeace Montpellier, LPO Occitanie, Maguelone Gardiole, Nature Academy, Océan Protection France, Planet Citizen, Surf Rider Hérault, Swim4sea, Terreau de Vic).
Bruno Gutierrez, président du CDV34, a signé la pétition à titre personnel, déclarant : "Je trouve bénéfique que tout le monde ait la volonté de travailler ensemble pour la protection des ressources." Cette initiative démontre une mobilisation inédite pour préserver ce qui reste d'un écosystème marin autrefois florissant.



