La flotte de pêche européenne en net recul depuis une décennie
Selon les dernières données d'Eurostat, la flotte de pêche de l'Union européenne comptait précisément 68 863 navires en 2024. Ce chiffre marque une diminution significative de 10 850 navires par rapport à 2014, soit une baisse de 13,6 % en dix ans. Une majorité écrasante de ces bateaux, illustrant le caractère artisanal d'une partie de la pêche européenne, mesurait moins de 10 mètres.
Le classement des pays par taille de flotte
L'Italie se positionne en tête des pays européens avec la flotte la plus nombreuse, totalisant 12 297 navires. Elle est suivie de près par la Grèce (11 452), puis l'Espagne (8 431), la Croatie (6 860), le Portugal (6 810) et la France (5 975).
Captures, valeur et place de l'UE dans le monde
Les captures totales de poissons par les 27 États membres sont estimées à 3,2 millions de tonnes pour l'année 2024, générant une valeur marchande totale de 5,5 milliards d'euros. À l'échelle mondiale, cela ne représente qu'environ 3 % des captures, une part modeste comparée aux leaders que sont la Chine (15 %), l'Indonésie (9 %) et l'Inde (7 %).
L'Espagne, premier pêcheur européen en volume
En termes de masse capturée, l'Espagne domine le paysage européen. Sa flotte a contribué à 21 % du volume total des prises de l'UE, devançant la France (15 %) et le Danemark (14 %).
Zones de pêche et espèces principales
La grande majorité des captures européennes, précisément 71 %, provient de l'Atlantique Nord-Est. Les espèces les plus prélevées dans cette zone sont le hareng (19 %), le merlan (17 %), le sprat (13 %) et le maquereau (10 %).
Les autres zones contribuent de manière plus modeste :
- 9 % des captures ont lieu en Méditerranée et en mer Noire, principalement des sardines et des anchois.
- 7 % proviennent de la zone de l'Atlantique Centre-Est, avec une prédominance de thon albacore et de chinchard.
- 6 % sont réalisées dans la zone occidentale de l'océan Indien, essentiellement des thonidés.
Dépendance commerciale et autosuffisance en baisse
Le secteur affiche un déséquilibre commercial prononcé. En 2024, les importations de produits de la pêche et de l'aquaculture dans l'UE ont atteint 5,9 millions de tonnes pour une valeur de 29,9 milliards d'euros. Les exportations, quant à elles, se sont élevées à 2,2 millions de tonnes pour 8,3 milliards d'euros. Ceci se traduit par un déficit commercial de 21,6 milliards d'euros pour le secteur.
Le taux d'autosuffisance des pays de l'Union, c'est-à-dire leur capacité à couvrir la demande intérieure par leur propre production, est en net recul. Il s'est établi à 38,1 % en 2023, contre 46,1 % en 2014, soulignant une dépendance croissante aux importations.
Consommation des ménages : disparités et tendances
Les dépenses des ménages européens en produits de la pêche ont atteint le montant record de 62,8 milliards d'euros en 2024, en hausse de 2,7 milliards par rapport à 2023.
La consommation moyenne par habitant s'établit à 22,88 kg. Elle se décompose en 16,35 kg de poissons sauvages – le niveau le plus bas depuis dix ans – et 6,53 kg de poissons d'élevage.
Espèces préférées et champions de la consommation
Le thon reste le poisson le plus consommé avec 2,7 kg par an et par habitant, suivi du saumon (2,4 kg) et du lieu d'Alaska (1,8 kg).
Les disparités entre pays sont frappantes :
- Les Portugais sont les plus grands consommateurs avec 53,6 kg par habitant.
- Ils sont suivis des Espagnols (40,7 kg) et des Français (32,1 kg).
- À l'autre extrémité du spectre, on trouve les Tchèques (5,6 kg), les Hongrois (5,8 kg) et les Bulgares (7,6 kg).



