Biarritz et l'impératif de la qualité des eaux de baignade
L'activité économique de Biarritz est intimement liée au tourisme balnéaire, faisant de la qualité des eaux de baignade un enjeu crucial. Pour éviter les fermetures de plage, les six candidats aux élections municipales présentent leurs solutions. En 2014, l'écrivaine Marie Darrieussecq décrivait dans Libération ses baignades à Biarritz : « l'océan est un potage, plein de sacs plastique, de débris de bois, de couches pour bébé… » En janvier 2026, le journaliste Hugo Clément dressait un constat similaire dans son émission « Sur le front », pointant du doigt les rejets directs d'eaux usées dans l'océan lors de fortes pluies.
Des progrès réels mais insuffisants
Entre ces deux témoignages médiatiques, le nombre de fermetures de plages a été divisé par huit. Cependant, le drapeau violet, synonyme d'interdiction de baignade, flotte régulièrement au gré de la météo estivale. Il se superpose souvent au « pavillon bleu », label européen obtenu par les six plages de la ville en 2021. Pour prétendre à ce label, la qualité des eaux doit être classée « Excellente » par l'Agence régionale de santé sur les quatre dernières années.
Le défi du réseau unitaire historique
Le problème majeur réside dans le réseau d'égouts unitaire historique de Biarritz, qui mélange eaux domestiques et eaux pluviales. En dix ans, neuf réservoirs dissimulés dans les sous-sols ont été creusés, permettant de stocker 53 000 m³ d'eau avant traitement. Malgré ces investissements portés par la Communauté d'Agglomération Pays basque, lors d'épisodes orageux sévères, le trop-plein est encore trop souvent évacué sans filtre vers le littoral, entraînant des concentrations de matières fécales et bactéries au-delà des seuils réglementaires.
Les propositions des candidats
Guillaume Barucq (Biarritz Nouvelle Vague)
Priorités :
- Rétablir une information transparente en temps réel via l'application Biarritz InfoPlages
- Poursuivre les investissements dans le réseau d'assainissement
- Transformer Biarritz en « ville éponge » en désimperméabilisant les sols
- Relancer les initiatives « plages sans plastique » et « villes sans perturbateurs endocriniens »
Serge Blanco (Mon équipe, c'est Biarritz)
Engagements :
- Accélérer la modernisation des infrastructures d'assainissement
- Favoriser l'infiltration naturelle de l'eau par la désimperméabilisation
- Protéger les écosystèmes des lacs Mouriscot et Marion
- Mettre l'exigence environnementale au cœur des politiques publiques
Ana Ezcurra (Biarritz Berri)
Objectifs :
- Réduire de 50% les rejets d'eaux usées dans l'océan d'ici la fin du mandat
- Lancer un programme massif de végétalisation et désimperméabilisation
- Renforcer les contrôles de qualité des eaux
- Créer un Parlement de la Mer réunissant tous les acteurs concernés
Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde (Cap Biarritz)
Ambitions :
- Engager des investissements massifs dans les infrastructures d'assainissement
- Moderniser la station d'épuration de la Milady
- Revitaliser complètement les lacs Marion et Mouriscot
- Modifier le Plan Local d'Urbanisme pour favoriser végétalisation et énergies renouvelables
Richard Tardits (Biarritz d'abord)
Approche :
- Renforcer le suivi en temps réel et la transparence des données
- Dimensionner les stations d'épuration pour absorber les pics estivaux et pluvieux
- Rendre obligatoire les bassins de rétention pour toute nouvelle construction
- Prioriser les investissements techniques pour protéger l'océan
Maider Arosteguy (Ensemble vivons Biarritz)
Bilan et perspectives :
- Mettre en avant les progrès réalisés : 10 M€ d'investissements obtenus depuis 2020
- Poursuivre l'installation d'équipements comme l'intercepteur de la Grande Plage
- Programmer deux nouveaux bassins de rétention à la Milady et Labordotte
- Continuer la désimperméabilisation avec des matériaux éponge
Un enjeu économique vital
Tous les candidats s'accordent sur l'importance cruciale de la qualité des eaux de baignade pour l'économie touristique de Biarritz. Les fermetures de plages, même ponctuelles, fragilisent l'attractivité de la station balnéaire. Les solutions proposées convergent vers plusieurs axes communs : modernisation des infrastructures, désimperméabilisation des sols, transparence de l'information et gestion à l'échelle du bassin versant. La réussite de ces mesures déterminera non seulement la santé publique mais aussi la pérennité du modèle économique de Biarritz, dont la réputation internationale repose en grande partie sur la qualité de son environnement littoral.



