Municipales 2026 : la voiture au cœur des programmes avec des projets routiers pharaoniques
Municipales 2026 : la voiture domine les programmes de mobilité

Municipales 2026 : le retour en force de la voiture dans les programmes de mobilité

Si vous pensiez que les débats sur la mobilité en vue des élections municipales de 2026 se concentreraient exclusivement sur les transports en commun et le vélo, détrompez-vous. L'automobile occupe une place prépondérante dans cette campagne, avec des projets d'infrastructures routières monumentaux et extrêmement coûteux ressuscités ou mis en avant. L'objectif affiché reste inchangé : fluidifier le trafic dans les grandes métropoles, en réponse à l'image persistante de l'automobiliste pris dans les embouteillages. Tour d'horizon des propositions les plus marquantes.

Paris : la candidate Reconquête veut rouvrir les berges de Seine aux voitures

Sarah Knafo, candidate Reconquête à la mairie de Paris, défend un projet audacieux de retour de la circulation automobile sur les berges de la Seine, où elle a été progressivement interdite depuis 2013 au profit des modes doux. Présentée comme une réconciliation entre piétons, cyclistes et automobilistes, sa proposition implique la construction d'un portique appuyé sur une ligne d'arches côté Seine et sur le mur de quai existant, avec une promenade créée au-dessus. Bien que qualifiés de « légers » par la candidate, ces travaux sont estimés à 176 millions d'euros par l'Institut Montaigne.

Nantes : un tunnel sous la Loire pour désengorger la ville

Foulques Chombart de Lauwe, candidat Les Républicains à Nantes, relance un vieux projet en proposant la construction d'un tunnel sous la Loire en amont de Cheviré pour fluidifier les déplacements. Cette idée, déjà portée par Bruno Retailleau lorsqu'il présidait la région Pays-de-la-Loire, avait fait l'objet d'une étude exploratoire en 2017 avant d'être abandonnée. Le coût est évalué entre 450 millions d'euros selon la maire sortante Johanna Rolland (PS) et 570 millions d'euros selon l'Institut Montaigne.

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Lyon : recouvrir l'autoroute A6 pour apaiser la ville

À Lyon, outre le méga-tunnel de 7,6 km soutenu par Jean-Michel Aulas, Alexandre Dupalais (UDR-RN) propose le détournement ou le recouvrement de l'autoroute Paris-Marseille qui traverse l'agglomération. Ce projet pharaonique est chiffré par l'Institut Montaigne entre 930 millions d'euros pour un tiers de l'autoroute recouverte et 2,8 milliards d'euros pour sa totalité.

Bordeaux : le grand contournement routier relancé

Julie Rechagneux, candidate Rassemblement National à Bordeaux, défend ardemment le projet de contournement par l'est de la rocade, arguant que la ville est asphyxiée par quatre autoroutes convergeant vers sa rocade. Ce projet, évalué à un milliard d'euros, a connu une histoire mouvementée depuis son émergence en 1995, avec des reprises successives par des élus de différents bords politiques, dont récemment Benoît Simian (LREM) en 2019 et Philippe Buisson avec Alain Anziani en 2023.

Les mises en garde contre le trafic induit

Face à ces propositions, des élus et experts rappellent régulièrement que la construction de nouvelles routes ne régule pas le trafic, mais tend à l'augmenter via le phénomène de trafic induit. Dès 2012, un rapport du Cerema soulignait un consensus dans la recherche et l'évaluation socio-économique sur l'existence de cet effet pervers. Ces avertissements mettent en lumière les tensions entre les promesses de fluidité et les réalités environnementales et économiques.

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