Bordeaux accueille sa nouvelle flotte de bus électriques VDL
Depuis l'été 2025, la métropole bordelaise a réceptionné pas moins de 25 bus à moteur 100% électrique en provenance de l'usine belge du constructeur néerlandais VDL Bus & Coach. Ces véhicules articulés, baptisés Citea, sont destinés à équiper progressivement la ligne G du réseau de transport TBM, avec un objectif final de 40 unités opérationnelles.
Un déploiement par phases après des ajustements techniques
Le processus de mise en service a débuté de manière concrète début février avec huit bus électriques circulant sur la ligne G. La date officielle du 7 novembre 2025 marque leur entrée en service après une phase préparatoire essentielle. « Ils n'ont pas été déployés d'un seul coup, mais progressivement », explique Béatrice de François, vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge des transports en commun.
Comme pour tout matériel neuf intégrant une technologie innovante, des ajustements ont été nécessaires. « Il y a eu encore deux ou trois petits réglages à faire », reconnaît l'élue, comparant la situation à l'acquisition d'une nouvelle voiture. « Parfois, il y a des faux défauts, des alertes, des voyants. Il a fallu tout regarder de très près. Mais aujourd'hui, ça va bien. Les huit fonctionnent toute la journée. »
Xavier Binard, directeur des équipements et du patrimoine de transport à Bordeaux Métropole, précise que ce processus de « déverminage » est courant dans le monde de l'électronique. « Cela peut se traduire par des alarmes intempestives, des fonctionnements de logiciels qui nécessitent des corrections », confirme-t-il.
Des défis techniques résolus progressivement
Parmi les problèmes rencontrés figuraient notamment :
- Un système de chauffage à améliorer : Des sondes mesurent actuellement les températures dans les habitacles après que des conducteurs se soient plaints du froid, particulièrement durant la période glaciale des fêtes de fin d'année où certains bus affichaient seulement 2 à 5 degrés.
- Un essieu moteur sensible : Certaines alarmes déclenchées par ce composant imposaient un fonctionnement dégradé avec limitation de vitesse, incompatible avec une exploitation commerciale normale. Une solution technique a finalement été trouvée par le fournisseur.
« Aujourd'hui, hormis le dysfonctionnement en matière de chauffage, les principales difficultés rencontrées ont été résolues », assure Xavier Binard, permettant ainsi la reprise du déploiement de la flotte.
Une logistique complexe pour l'acheminement
Les bus ont été livrés par lots de quatre ou cinq depuis l'été 2025. Les quatre premiers exemplaires ont été transportés par la route depuis Roeselaere en Belgique, tandis que les suivants ont emprunté un trajet multimodal : bateau depuis le port d'Anvers jusqu'à Saint-Sébastien, puis route jusqu'à Bordeaux.
Autour de la mi-mars, huit nouveaux bus seront mis en service, portant le total à 16 unités opérationnelles. Ces nouveaux véhicules bénéficieront du retour d'expérience des premiers, accélérant leur mise à niveau de fiabilité.
Objectif : une flotte complète pour l'été
« Nous les aurons pour l'été », promet Béatrice de François concernant le déploiement complet des 40 bus électriques. À ce stade, la ligne G sera exclusivement desservie par des véhicules zéro émission, nécessitant 35 bus opérationnels quotidiennement pour assurer l'ensemble des rotations entre les trois terminus : Bordeaux Méca, Saint-Aubin-de-Médoc Villepreux et Saint-Médard-en-Jalles Issac.
Les deux premiers terminaux sont équipés de deux mâts de charge chacun permettant une recharge rapide : en quelques minutes seulement, une batterie peut récupérer 10 à 20% de sa capacité.
Contraintes logistiques et contractualisation
Le déploiement par vagues de huit bus s'explique par des contraintes de stationnement au dépôt du Lac. Pour des raisons de sécurité, les bus électriques ne peuvent être mélangés avec ceux fonctionnant au GNV (gaz naturel pour véhicules) qu'ils remplacent progressivement sur la ligne G.
Une nouvelle livraison est attendue courant avril, précédée de contrôles de qualité en Belgique par des représentants de Bordeaux Métropole et de Keolis Bordeaux Métropole mobilités, l'exploitant du réseau TBM.
Béatrice de François tient à rappeler un point contractuel important : « Des pénalités de retard sont prévues au contrat et, bien sûr, elles seront appliquées ». Ces bus électriques n'avaient en effet pas pu être livrés à temps pour la mise en service initiale de la ligne au printemps 2024.
À chaque nouvelle arrivée, la mise en circulation devrait s'accélérer grâce à l'expérience acquise avec les premiers véhicules. « Cet été, tout devrait rouler », conclut optimiste la vice-présidente, marquant ainsi une étape significative dans la transition écologique des transports publics bordelais.



