Un incendie dévastateur frappe la forêt basque de Biriatou
Le 20 février 2021, un incendie catastrophique, attisé par des vents violents dépassant 100 km/h, s'est déclaré à Vera en Espagne avant de traverser la frontière pour ravager la forêt communale de Biriatou, au Pays basque. En quelques heures, les flammes incontrôlables ont consumé environ deux tiers de cette zone boisée, laissant derrière elles un paysage de désolation et une biodiversité gravement affectée.
Un bilan écologique alarmant et des stigmates persistants
Selon le dernier rapport de l'Office national de la forêt (ONF), exactement 377 hectares de végétation ont été détruits par le feu. Franck Aprendisteguy, adjoint au maire de Biriatou délégué à la montagne, révèle ces chiffres avec une profonde tristesse. Sur les hauteurs du massif du Xoldokogaïna, l'atmosphère reste lourde, imprégnée de l'odeur tenace de terre brûlée qui serre l'estomac. Le silence est dérangeant : « Ici, d’habitude, ça fourmille de vie. Surtout en début de printemps. Là, on n'entend plus un bruit, pas un oiseau, rien », commente l'élu local.
Les seuls volatiles observés sont des vautours, des charognards utiles qui nettoient la montagne des nombreux cadavres d'animaux piégés par le brasier. Parmi les victimes, des pottok et des betizu, des races locales de chevaux et de bovins, ont été retrouvés morts, certains agonisant encore plus d'une semaine après l'incendie. Au moins deux autres betizu auraient péri à Urrugne, sur un cheptel d'une trentaine de têtes, ajoutant à l'écœurement général.
Le pastoralisme, une solution essentielle pour l'avenir
Franck Aprendisteguy est convaincu que le salut de ces massifs chargés d'histoire repose nécessairement sur le pastoralisme ou l'agro-pastoralisme. Il rejette fermement l'idée que ces feux puissent être associés à des écobuages ou à des feux pastoraux. « C’est grâce à ces animaux que la montagne est aussi bien entretenue », insiste-t-il, soulignant que ce modèle est crucial pour la préservation et la régénération de l'écosystème. « C’est ce modèle qui doit nous sauver », affirme-t-il avec détermination.
Laissant la responsabilité des décisions politiques aux grands élus du territoire, l'adjoint au maire se concentre sur la manière de panser ces plaies. Il explique avec désolation que tous les arbres marqués par le feu, y compris des chênes têtards, des frênes et des hêtres, sont condamnés. « C’est déjà impressionnant ici mais de l’autre côté du massif, c’est encore pire », note-t-il, en se demandant par où commencer les travaux de restauration.
Un engagement ferme pour le reboisement et les générations futures
La totalité des plantations réalisées ces dernières années est partie en fumée, mais Franck Aprendisteguy refuse de baisser les bras. « Les bras nous en tombent mais nous ne pouvons pas les baisser », déclare-t-il. Bien que la tâche soit gigantesque et que le coût des opérations dépasse les capacités financières de la petite commune de Biriatou, il pense déjà à replanter. « Quoi qu’il arrive, nous allons faire. Et nous ne le ferons pas pour nous, mais pour les prochaines générations, celle de mon fils et les suivantes », s'engage-t-il solennellement.
Malgré la tragédie, une note positive émerge en fin de visite. Une poignée de betizu, dont un veau né après les incendies, a été observée au niveau du cromlech de Pitarre. Ce symbole émouvant d'un renouveau renforce la détermination à faire revivre cette forêt. « On n’a pas le choix », conclut Franck Aprendisteguy depuis les hauteurs, rappelant l'importance d'un sentier coupe-feu bien entretenu qui a joué son rôle dans les couloirs moins ventés.



