Le 21 avril, le gouvernement a annoncé un nouveau paquet de subventions et d’aides ciblées destinées à compenser une partie du coût du carburant pour les ménages et les professions les plus exposées. Rien de nouveau sous le soleil, tant la mécanique est désormais bien rodée : à chaque nouvelle tension, le gouvernement répond par une rustine publique.
Une hypothèse contestable
Le problème, c’est que les annonces de Sébastien Lecornu reposent sur une hypothèse implicite, celle d’un choc temporaire. En bref, on compense en attendant un retour à la normale, dans l’espoir de contenir l’impact social. Pourtant, les experts s’accordent à dire que la hausse des prix de l’énergie pourrait s’inscrire dans la durée, rendant ces mesures insuffisantes.
Des dispositifs fragmentés
Travailleurs modestes, transporteurs, agriculteurs, pêcheurs : chacun fait l’objet d’un dispositif spécifique, comme si l’on pouvait découper le choc et le traiter par fragments. Cette approche sectorielle risque de laisser de côté les plus vulnérables et de ne pas répondre à l’ampleur du problème.
Alors que le gouvernement mise sur des rustines temporaires, la question se pose : ne faudrait-il pas repenser en profondeur notre modèle énergétique et notre système de protection sociale face à des chocs qui pourraient devenir la norme ?



