L'Europe prépare un nouvel écolabel pour classer les voitures électriques selon leur consommation
Nouvel écolabel européen pour classer les voitures électriques

Un nouveau système de classement énergétique pour les véhicules électriques

Le label énergétique, devenu un réflexe pour les consommateurs lorsqu'ils achètent un logement via le DPE ou des appareils électroménagers, pourrait bientôt s'étendre aux voitures électriques d'une manière inédite. Actuellement, les véhicules thermiques sont classés de A à G selon leurs émissions de CO₂ depuis mars 2021, un système qui a inspiré la vignette Crit'Air utilisée lors des pics de pollution.

La fin de l'exemption pour les véhicules électriques

Les voitures électriques, qui n'émettent pas de CO₂ à l'usage, échappent aujourd'hui à ces dispositifs. La vignette Crit'Air leur sert principalement à circuler sans restriction. Cependant, cette situation privilégiée pourrait prendre fin prochainement. Les régulateurs européens, basés à Bruxelles, planchent activement sur l'établissement d'une nouvelle règle qui classerait les véhicules électriques selon leur consommation d'énergie, mesurée en kilowattheures pour 100 kilomètres (kWh/100 km).

Cette échelle de valeurs refléterait le coût prévisible à l'usage et permettrait d'établir un classement clair entre les différents modèles. Certaines étiquettes pourraient également inclure l'autonomie du véhicule selon le cycle de test mondial WLTP (Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedure).

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Un cadre européen en cours d'élaboration

En France, ces étiquettes sont déjà disponibles sur les véhicules électriques et hybrides rechargeables, ces derniers étant particulièrement favorisés pour leur part de consommation électrique. Néanmoins, tous les pays membres de l'Union européenne n'ont pas encore adopté ce système. Le projet actuellement à l'étude vise précisément à créer un cadre commun et équitable pour l'ensemble du marché européen.

Selon des informations du site belge Gocar, chaque modèle serait classé de A à F selon sa consommation électrique. Les seuils évoqués placeraient la catégorie A sous les 14 kWh/100 km, la B entre 14 et 16 kWh, la C entre 16 et 18 kWh, et ainsi de suite. Ces valeurs restent encore hypothétiques mais indiquent clairement la direction prise par les régulateurs.

Distinction entre poids plume et poids lourds

Ce système créerait une distinction nette entre les véhicules légers et économes, comme la citadine Dacia Spring d'environ une tonne, et les modèles plus lourds et gourmands, tels que le SUV Volvo EX90 de 2,7 tonnes. Une citadine pourrait ainsi décrocher la meilleure note, tandis qu'un SUV électrique puissant se retrouverait mécaniquement en bas de l'échelle.

Cette hiérarchisation ne sera pas sans conséquences fiscales. Elle pourrait en effet aiguiser les convoitises des États cherchant à compenser le manque à gagner dû au déclin des voitures thermiques. En France, la taxe au poids différencie déjà les petits et gros modèles, et le projet européen pourrait s'en inspirer pour établir une échelle de valeurs similaire.

Les limites du système proposé

Pour être véritablement équitable, un tel système devrait cependant prendre en compte plusieurs facteurs actuellement négligés. Premièrement, l'empreinte carbone liée à la production du véhicule, et particulièrement celle de la batterie, n'est pas comptabilisée. Deuxièmement, les consommations officielles WLTP, basées essentiellement sur des tests en laboratoire, présentent des limites importantes et varient considérablement selon l'usage réel du véhicule et les conditions de conduite.

Enfin, ce futur écolabel n'aurait qu'une signification partielle s'il ne considérait pas le mix énergétique utilisé pour produire l'électricité consommée. La France, avec son parc nucléaire, et l'Allemagne, avec ses centrales à charbon, se retrouveraient dans des situations radicalement différentes. Trouver une formule permettant de distinguer l'électricité selon son origine de production représente un véritable casse-tête pour les régulateurs.

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Perspectives fiscales et environnementales

Malgré ces défis techniques, une chose semble certaine : du côté de Bercy, plus le véhicule sera gros et cher, plus il sera taxé. Cette initiative aura au moins le mérite de rééquilibrer les propositions entre véhicules thermiques et électriques, même si ces derniers bénéficient toujours, pour les modèles les moins chers, de primes à l'achat substantielles.

Le futur écolabel européen pour voitures électriques représente donc une étape importante dans la transition énergétique du secteur automobile, mais son élaboration devra surmonter de nombreux obstacles techniques et politiques pour atteindre ses objectifs environnementaux et fiscaux.