Une monnaie innovante née des déchets sauvages de la Méditerranée
Dans la métropole toulonnaise, une nouvelle forme de monnaie circule, fabriquée à partir de déchets sauvages collectés sur les plages. Ces pièces, qui ressemblent à des euros mais sont en plastique recyclé, ont été présentées au domaine de Massacan à La Garde et sont déjà en circulation. L'initiative, portée par l'association Sauvage Méditerranée, vise à récompenser les bénévoles engagés dans la dépollution du littoral.
Un système solidaire pour une consommation locale et durable
Le concept de la Monnaie sauvage permet à tout participant d'obtenir des avantages chez des commerçants partenaires, qui s'engagent en faveur d'une consommation locale, respectueuse des circuits courts, de la réduction des déchets et de la réparation d'objets. Noémie Espanet, représentante de Sauvage Méditerranée, explique : « Chaque fois qu'une pièce de monnaie sauvage est échangée contre un avantage, un don de 5 euros est généré pour une association de défense de l'environnement. » Actuellement, 4 000 pièces sont en circulation, créant un dispositif d'entraide parallèle et solidaire.
Comment se procurer cette monnaie écologique ?
Pour obtenir cette monnaie, il suffit de participer à une opération de dépollution des plages avec l'une des associations partenaires. « Nous nous déployons régulièrement sur le sable de Montpellier à Menton, et très souvent sur le littoral toulonnais », précise Noémie Espanet. Lors de la dernière tournée, 2 250 bouchons en plastique ont été récupérés sur les plages, selon un représentant de Chercheurs en herbe, une association collaborant étroitement avec Sauvage Méditerranée.
Des partenaires engagés dans la métropole toulonnaise
Trois associations sont actuellement partenaires dans la métropole toulonnaise : Chercheurs en herbe, Ma Garde propre et l'Amarre, un tiers lieu citoyen basé à Toulon. D'autres devraient suivre. Parmi les commerces participants, Lowbjethèque, qui répare des objets usuels pour leur donner une seconde vie, et le restaurant La Tête d'Ail, qui offre une boisson gratuite en échange de la monnaie sauvage. Sophie Ayoubi de Lowbjethèque détaille : « Nous travaillons à réparer des machines à café, du matériel audio, des nettoyeurs pression ou des robots ménagers. » D'autres établissements, comme la boutique Comme Avant et la Bière de la Rade, appliquent des réductions allant jusqu'à 20%.
La fabrication : des déchets plastiques aux pièces authentiques
La monnaie sauvage est produite à Aix-en-Provence, où les déchets plastiques récupérés sont lavés, triés par couleurs et types, puis broyés pour créer des pièces en plastique prêtes à être mises en circulation. « Une pièce vaut environ 5 euros de dons aux associations partenaires », indique un responsable. Ce système existe déjà à Marseille, avec 50 commerces partenaires, et s'étend maintenant à Toulon, où cinq partenaires ouvrent la voie, avec des projets à La Ciotat à venir.
Un lancement prometteur et des perspectives d'avenir
David Delsol, directeur du domaine de Massacan à La Garde, s'est félicité de l'initiative et a participé au lancement de la monnaie ainsi qu'à la mise en place de tirelires pour la recueillir. Tous les acteurs suivront l'avancée du projet dans les mois à venir, espérant étendre cette démarche écologique et solidaire à d'autres régions.



