Le gouvernement a opposé une fin de non-recevoir à la proposition de loi visant à instaurer des « congés climatiques » pour les salariés victimes de catastrophes naturelles. Présentée par le député MoDem Jean-Louis Bourlanges, cette mesure aurait permis aux personnes touchées par des inondations, feux de forêt ou autres événements climatiques extrêmes de bénéficier de jours d'absence rémunérés pour gérer les conséquences.
Un refus motivé par des considérations financières
Interrogé lors des questions au gouvernement, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a indiqué que l'exécutif n'était « pas chaud » sur cette idée. Selon lui, le dispositif représenterait un coût trop important pour les finances publiques et les entreprises, sans apporter de précisions chiffrées. « Nous avons déjà mis en place un fonds de solidarité pour les collectivités et les particuliers, et nous travaillons à améliorer le système d'indemnisation », a-t-il déclaré.
Une proposition jugée nécessaire par les députés
Le député Bourlanges a défendu son texte en soulignant que les victimes de catastrophes climatiques sont souvent contraintes de poser des jours de congé ou de prendre des arrêts maladie pour faire face aux urgences. « Il s'agit d'une question de justice sociale et de reconnaissance de la réalité du changement climatique », a-t-il plaidé. La proposition prévoyait jusqu'à cinq jours ouvrés de congé, pris en charge par l'État, pour les salariés du privé comme du public.
Un contexte de multiplication des événements extrêmes
La France a connu ces dernières années une recrudescence d'épisodes climatiques violents, comme les inondations dans le Pas-de-Calais en 2023 ou les incendies en Gironde en 2022. Selon un rapport de la Fédération française de l'assurance, les sinistres liés aux catastrophes naturelles ont coûté plus de 10 milliards d'euros en 2022. Les syndicats et associations de victimes réclament depuis longtemps des mesures spécifiques pour protéger les salariés.
Le gouvernement mise sur l'existant
Christophe Béchu a rappelé que les victimes peuvent déjà bénéficier d'un congé pour événement familial en cas de sinistre, mais ce dispositif est limité à quelques jours non rémunérés. « Nous préférons renforcer les mécanismes de prévention et d'indemnisation plutôt que de créer un nouveau droit qui pourrait être détourné », a-t-il justifié. Le gouvernement table notamment sur la réforme du régime d'indemnisation des catastrophes naturelles, en cours de discussion.
Une opposition qui promet de relancer le débat
La proposition de loi devrait être examinée en commission dans les prochaines semaines, mais son avenir semble compromis sans le soutien du gouvernement. Plusieurs députés de l'opposition, dont des écologistes et des socialistes, ont annoncé qu'ils déposeraient des amendements similaires. « Le gouvernement ne peut pas ignorer la détresse des Français touchés par le dérèglement climatique », a réagi la députée EELV Sandrine Rousseau.



