Alors que la France traverse une nouvelle canicule, un collectif d'économistes et de climatologues signe une tribune dans Libération pour appeler à des choix budgétaires en phase avec l'urgence climatique. « La canicule est le bon moment pour faire les choix budgétaires adéquats », écrivent-ils, soulignant que les vagues de chaleur ne sont plus des exceptions mais une réalité récurrente liée au changement climatique.
L'urgence d'un budget vert
Les signataires, parmi lesquels on trouve des chercheurs du CNRS et de l'INRAE, estiment que le budget 2025 doit intégrer des mesures fortes pour la transition écologique. Ils rappellent que la France s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 55% d'ici 2030 par rapport à 1990. « Or, les crédits alloués à la transition écologique stagnent, voire diminuent dans certains secteurs », déplorent-ils.
Selon les auteurs, la canicule actuelle est un signal d'alarme. « Chaque vague de chaleur coûte des vies humaines et des milliards d'euros à l'économie », souligne la tribune. Ils citent une étude de l'Agence européenne pour l'environnement qui estime que les pertes économiques liées aux événements climatiques extrêmes en Europe pourraient atteindre 1 000 milliards d'euros d'ici 2050.
Des propositions concrètes
Le collectif propose plusieurs mesures budgétaires : augmenter les investissements dans la rénovation énergétique des bâtiments, développer les transports en commun, et soutenir l'agriculture biologique. « Il ne s'agit pas de dépenser plus, mais de dépenser mieux », précisent-ils. Ils suggèrent également de supprimer les subventions aux énergies fossiles, qui s'élèvent encore à plusieurs milliards d'euros par an en France.
« Les choix budgétaires actuels ne sont pas à la hauteur de l'urgence », insistent les signataires. Ils appellent le gouvernement à présenter un budget « vert » cohérent avec les objectifs climatiques, en citant l'exemple du plan d'investissement européen « Next Generation EU » qui consacre 30% de ses dépenses à la transition écologique.
Un appel à la responsabilité collective
La tribune conclut sur un appel à la responsabilité des décideurs politiques et des citoyens. « La canicule nous rappelle que le temps presse. Chaque année de retard aggrave la crise et rend les adaptations plus coûteuses », écrivent-ils. Ils demandent une prise de conscience collective et des actions immédiates pour un avenir durable.



