La France a vécu mardi 23 juin sa journée la plus chaude jamais enregistrée, avec des pics à près de 45 °C. Plus de 90 % des Français étaient exposés mercredi encore à une chaleur extrême, avoisinant les 40 °C. Pourtant, rien n'était prêt pour faire face à cette canicule, pourtant prévisible.
Des conditions de travail intenables
Dans les ateliers automobiles, la situation est particulièrement critique. Chez Renault Cléon (Seine-Maritime), les syndicats dénoncent des températures « à 38 °C » et « un ressenti de 43-44 °C ». Chez Stellantis Mulhouse (Haut-Rhin), les ouvriers ont été appelés à la grève pour protester contre des conditions de travail jugées dangereuses.
Les consignes officielles, comme « buvez de l'eau » et « mangez équilibré », sont perçues comme absurdes par les salariés. Selon un syndicaliste de Renault, « ce n'est pas avec des conseils de bon sens qu'on résout le problème de la chaleur dans les usines. Il faut des mesures concrètes : ventilation, arrêt des chaînes, accès à des zones climatisées ».
Un « quoi qu'il en coûte » climatique inefficace
Le gouvernement a activé une cellule de crise, mais les mesures annoncées sont jugées insuffisantes. Les syndicats réclament un plan d'urgence pour les travailleurs exposés à la chaleur, incluant des arrêts de travail lors des pics de canicule et des investissements dans la climatisation des locaux.
Selon Météo-France, la canicule devrait se poursuivre jusqu'à la fin de la semaine, avec des températures dépassant les 40 °C dans plusieurs régions. Les experts estiment que ces épisodes de chaleur extrême deviendront plus fréquents en raison du changement climatique.
Des conséquences économiques et sociales
Au-delà des conditions de travail, la canicule a un impact sur la productivité et la santé des salariés. Selon une étude de l'INRS, les accidents du travail augmentent de 20 % lors des périodes de forte chaleur. Les arrêts maladie liés à la chaleur ont bondi de 30 % cette semaine, selon la Sécurité sociale.
Les syndicats appellent à une grève nationale dans l'industrie si des mesures ne sont pas prises rapidement. « On ne peut pas demander aux gens de travailler comme si de rien n'était quand il fait 45 degrés », a déclaré un représentant de la CGT.



