Timothée Parrique : le décroissant montant
Timothée Parrique : le décroissant montant

Timothée Parrique : l'économiste qui prône la décroissance

Timothée Parrique est un économiste français de 34 ans, devenu une figure montante de la pensée de la décroissance. Après un doctorat en économie écologique à l'université de Lund en Suède, il publie en 2022 son premier livre, Ralentir ou périr : l'économie de la décroissance, qui rencontre un large écho. Il y critique le produit intérieur brut (PIB) comme indicateur de prospérité et propose une société post-croissance, où l'on produirait et consommerait moins, mais mieux.

Pour Parrique, la croissance économique est incompatible avec la préservation de l'environnement. Il s'appuie sur les travaux de Nicholas Georgescu-Roegen et d'Herman Daly, mais aussi sur des expériences concrètes menées dans des villes comme Barcelone ou Grenoble. Il défend une approche pragmatique : réduction du temps de travail, revenu maximum, relocalisation de l'économie, et investissement massif dans les services publics.

Un parcours atypique

Né à Clermont-Ferrand, Timothée Parrique a grandi dans une famille d'enseignants. Après une classe préparatoire littéraire, il intègre Sciences Po Paris, puis part en Suède pour un master en développement durable. C'est là qu'il découvre l'économie écologique, une discipline qui remet en cause les dogmes de la croissance. Sa thèse, soutenue en 2019, porte sur les indicateurs alternatifs au PIB.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Depuis, il multiplie les interventions dans les médias et les conférences, tout en enseignant à l'université de Lund. Il est également membre du conseil scientifique de l'Institut Veblen, un think tank français qui promeut une économie écologique et solidaire.

Un message qui séduit au-delà des cercles écologistes

Le discours de Timothée Parrique séduit un public de plus en plus large, y compris dans les milieux économiques traditionnels. Il a été invité à s'exprimer devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et participe régulièrement à des débats avec des chefs d'entreprise. Son livre a été traduit en plusieurs langues et salué par des personnalités comme l'économiste Gaël Giraud ou l'essayiste Corinne Morel Darleux.

Cependant, il suscite aussi des critiques. Certains économistes lui reprochent un manque de réalisme et une vision trop pessimiste. D'autres, à gauche, l'accusent de ne pas assez insister sur les inégalités sociales. Mais Parrique assume : « La décroissance n'est pas une fin en soi, c'est un moyen de repenser notre rapport au travail, à la consommation et à la nature. »

Des propositions concrètes

Dans son livre, il détaille plusieurs mesures pour une transition post-croissance :

  • Réduction du temps de travail à 30 heures par semaine sans perte de salaire.
  • Instauration d'un revenu maximum autorisé, par exemple 10 fois le salaire minimum.
  • Relocalisation de l'agriculture et de l'industrie.
  • Développement des services publics (santé, éducation, transports).
  • Sortie progressive des énergies fossiles et nucléaire.

Il insiste sur le fait que ces mesures doivent être accompagnées d'une démocratie participative renforcée, pour que les citoyens décident collectivement des priorités.

Un avenir incertain

Timothée Parrique ne se fait pas d'illusions : la transition vers une société de décroissance sera difficile, car elle remet en cause des intérêts puissants. Mais il croit que la prise de conscience écologique et les crises successives (climatique, énergétique, sanitaire) pourraient accélérer le changement. « Nous n'avons pas le choix, dit-il. Soit nous décroissons volontairement et de manière organisée, soit nous subirons un effondrement brutal. »

En attendant, il continue de voyager, de donner des conférences et d'écrire. Son prochain projet : un essai sur les communs et la propriété collective, pour explorer des alternatives au capitalisme.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale