Le Yacht-Club de Monaco et le port de Marseille Fos s'allient pour verdir les super-yachts
Le 17 avril 2026, au Yacht-Club de Monaco, le port de Marseille Fos a officiellement signé un partenariat avec la Superyacht Eco Association (SEA Index). En intégrant ce réseau créé par le Yacht-Club de Monaco, le premier port méditerranéen français se dote d'un outil de mesure environnementale pour orienter l'accueil des super-yachts, avec un double objectif : réduire les émissions de CO₂ et améliorer la qualité de l'air.
Une signature symbolique pour une transition écologique
Christophe Castaner, président du Conseil de Surveillance du Port de Marseille Fos, et Bernard d'Alessandri, secrétaire général du Yacht-Club de Monaco et président du SEA Index, ont scellé cet accord. Ce partenariat renforce l'évolution d'un port historiquement pétrolier, qui aspire à devenir une référence méditerranéenne dans la transition écologique du yachting et au-delà.
Le SEA Index, lancé en 2020, attribue une note environnementale aux super-yachts de plus de 24 mètres, basée sur les grammes de CO₂ par tonne de jauge brute et par heure. Cet index gratuit et volontaire sert de thermomètre, non de contrainte, pour évaluer les performances écologiques.
Les défis environnementaux des super-yachts
Les données collectées sur plusieurs centaines de navires révèlent que la propulsion n'est pas le principal facteur d'émissions. En effet, ces bateaux naviguent en moyenne seulement 20 % de leur temps. Le reste du temps, à quai ou au mouillage, la facture environnementale s'alourdit considérablement.
Climatisation, jacuzzis, saunas, et consommation d'eau : la partie hôtelière du navire s'avère bien plus pénalisante que ses moteurs, a reconnu Bernard d'Alessandri. Cela souligne la nécessité de repenser non seulement la propulsion, mais aussi les usages à bord.
Un outil enrichi pour la qualité de l'air
La convention signée avec Marseille Fos s'appuie sur un SEA Index récemment amélioré. En mars 2026, en partenariat avec AtmoSud, l'observatoire de la qualité de l'air en Provence-Alpes-Côte d'Azur, une certification dédiée aux émissions d'oxydes d'azote (NOx) et de particules fines (PM2.5) a été lancée.
Les navires sont notés de une à cinq étoiles, avec trois étoiles pour un yacht moderne standard et quatre à cinq pour les unités les plus efficientes. Pour Marseille, port urbain confronté aux nuisances des émissions maritimes, cette dimension est cruciale.
Sur dix ans d'efforts, incluant l'électrification à quai et l'évolution des pratiques des armateurs, le port a réduit de 80 % ses émissions de dioxyde de soufre et de 75 % ses particules fines, selon le Pôle Mer Méditerranée.
Complémentarité et écosystème méditerranéen
La complémentarité entre Monaco et Marseille a été un thème central lors de la signature. Le Yacht-Club de Monaco accueille les super-yachts pendant la saison, notamment lors du Monaco Yacht Show, tandis que le port de Marseille Fos abrite des chantiers navals pour la maintenance et le rétrofit en hiver.
Nous traitons en amont la problématique des usages que vous traitez à Monaco, a résumé Christophe Castaner. Cette synergie permet d'étendre la certification à toute la filière de réparation navale, au-delà de la plaisance d'escale.
Une priorité méditerranéenne
Le réseau SEA Index compte déjà parmi ses membres les principaux ports corses et le port de Gênes en Italie. Bernard d'Alessandri a souligné l'importance de se concentrer sur la Méditerranée, une mer fermée et très fréquentée par le yachting, sujette à des déséquilibres rapides.
Christophe Castaner a ajouté que cette signature est symbolique des efforts engagés et de l'influence de Monaco dans le yachting. Il a salué l'engagement environnemental du prince Albert II, dont le combat est devenu une marque de fabrique de la Principauté.
Ce partenariat marque une étape significative vers un yachting plus durable en Méditerranée, avec des objectifs chiffrés de réduction des émissions et des incitations pour les navires les mieux certifiés.



