Le tribunal administratif de Toulon a rejeté, le 12 juin 2026, le recours des associations Changer d'Ère et France nature environnement Var contre le permis de construire accordé au promoteur Jean-Pierre Strugo pour réaliser cinq villas, un logement de gardien et leurs annexes sur un terrain de près de 5 hectares surplombant la plage de la Badine, à l'extrême sud du tombolo est de la presqu'île de Giens.
Un premier jugement déjà favorable
Dans un premier jugement rendu le 10 octobre 2025, le tribunal avait déjà écarté les griefs des associations, notamment l'atteinte aux espaces littoraux remarquables, le non-respect de la loi Littoral, l'insuffisance des accès, la gestion des eaux pluviales, le défrichement et l'atteinte au paysage. Cependant, les magistrats avaient relevé un vice de procédure : l'absence de consultation de la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS), une obligation compte tenu de l'emplacement du terrain sur le littoral. Ils avaient alors laissé quatre mois à la commune et au promoteur pour régulariser cette omission.
Régularisation et avis favorable
Consultée le 18 décembre 2025, la CDNPS a rendu un avis favorable à l'unanimité, assorti de quatorze recommandations, dont celle d'écarter les constructions du rivage de quelques mètres supplémentaires. « On parle d'un déplacement de 5 mètres », glisse Jean-Pierre Strugo, qui aurait bien aimé pouvoir lancer le chantier sans toutes ces complications et avait lancé une pétition l'été dernier. La commune a ensuite pris, le 11 mars 2026, un arrêté de régularisation.
Un nouveau permis modificatif nécessaire
Dans son jugement du 12 juin, le tribunal estime que la consultation de la commission et l'arrêté de régularisation suffisent à purger le seul vice retenu lors du premier jugement. Sur le papier, c'est une victoire pour Jean-Pierre Strugo, mais il reste prudent. La décision ne clôt pas forcément définitivement le dossier. La mairie lui a en effet demandé un permis modificatif pour intégrer les recommandations de la CDNPS. Le dossier est déposé et le promoteur espère recevoir le feu vert d'ici la fin de l'été. Il concède cependant que cette étape relance un nouveau suspens. Le futur permis pourrait en effet faire l'objet de nouveaux recours… « J'espère que les associations ont obtenu satisfaction, glisse-t-il. Le projet était très bon, désormais, il est excellent ».
Les associations restent vigilantes
Du côté des associations, on n'en est pas encore là, mais on souligne que la vigilance a « permis d'établir qu'une villa, deux piscines et de la voirie du lotissement » figuraient dans le permis de construire initial dans la bande des 100 mètres.
Le problème de l'accès et du risque incendie
Reste enfin la problématique du Pachamama Playa, l'établissement de plage piloté par Jean-Pierre Strugo, qui a rouvert le week-end dernier et fait grincer les dents des services de sécurité. En cause, l'accès limité au petit chemin de l'Estanci où les croisements sont périlleux, et le risque incendie dans ce secteur boisé difficile à sécuriser. Comme l'année dernière, la mairie brandit un arrêté d'interdiction de circuler sur le chemin qui descend vers le Pachamama Playa. Le seul accès possible est donc officiellement à pied ou par la plage. Jean-Pierre Strugo précise que cet été, il n'a réactivé que la base nautique avec un « petit food-truck ». « Officiellement, il n'y a plus de restauration, mais je ne peux pas arrêter complètement l'activité, justifie le promoteur. Si je n'exploite pas, le propriétaire saute sur l'occasion, résilie le bail et remet en vente ses bungalows beaucoup plus cher ».



