Dans une tribune publiée par Libération le 22 juin 2026, un collectif de scientifiques, d'élus et de citoyens affirme que ceux qui continuent à nier ou minimiser le dérèglement climatique doivent être disqualifiés de la vie politique. Les signataires estiment que le climatoscepticisme n'est plus une opinion acceptable mais une faute grave face à l'urgence écologique.
Un appel à la responsabilité électorale
La tribune, intitulée "Ceux qui continuent à nier ou minimiser le dérèglement climatique doivent être disqualifiés", rassemble plus de 200 personnalités, dont des climatologues, des économistes et des responsables associatifs. Ils dénoncent les discours qui relativisent l'impact des activités humaines sur le climat, les qualifiant de "dangereux pour la démocratie et l'avenir de la planète".
Selon le texte, les électeurs doivent exiger des candidats une position claire sur le changement climatique. "Ne pas agir, c'est condamner les générations futures à subir des catastrophes irréversibles", écrivent-ils. Ils appellent à ne plus voter pour ceux qui refusent de reconnaître la science climatique.
Un contexte d'extrêmes climatiques
Cette prise de position intervient alors que la France a connu une série d'événements météorologiques extrêmes en 2026 : canicules records, sécheresses et inondations meurtrières. Selon Météo-France, les températures estivales ont dépassé de 3°C les moyennes saisonnières, et les précipitations ont chuté de 40 % dans certaines régions.
Le collectif cite également le dernier rapport du Giec, qui alerte sur l'accélération du réchauffement. "Les preuves sont accablantes : chaque dixième de degré compte", insistent les signataires. Ils rappellent que la France s'est engagée à atteindre la neutralité carbone en 2050, un objectif incompatible avec le climatoscepticisme.
Réactions politiques
Plusieurs personnalités politiques ont réagi à cette tribune. La ministre de la Transition écologique a déclaré : "Il est temps de mettre fin aux discours qui entretiennent le doute. La science doit guider nos décisions." À l'inverse, certains élus de droite et d'extrême droite ont critiqué l'initiative, y voyant une tentative d'intimidation.
Un député du Rassemblement national a estimé que "la liberté d'expression est en danger" et que "le débat doit rester ouvert". Mais les signataires rétorquent que nier le consensus scientifique n'est pas une opinion, mais une tromperie.
Un précédent dans d'autres pays
Cette tribune s'inspire de mouvements similaires à l'étranger. Au Royaume-Uni, le Climate and Nature Bill exige des responsables politiques qu'ils reconnaissent l'urgence climatique. En Allemagne, la Cour constitutionnelle a imposé au gouvernement de renforcer ses objectifs climatiques après une plainte de jeunes citoyens.
En France, des associations comme Greenpeace et Alternatiba soutiennent l'appel. "Il ne s'agit pas d'exclure, mais de responsabiliser", explique un porte-parole de Greenpeace. "Les citoyens ont le droit de savoir où leurs élus se situent face à l'urgence."
Vers une éthique politique renouvelée
Les signataires espèrent que cette initiative incitera les partis à intégrer la question climatique dans leur programme de manière non négociable. "Nous ne pouvons plus nous permettre d'élire des personnes qui ignorent les faits scientifiques", concluent-ils. Ils appellent à une "disqualification morale et politique" de ceux qui persistent dans le déni.
Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2026, 78 % des Français considèrent que les candidats aux élections doivent avoir une position claire sur le climat. Ce chiffre monte à 89 % chez les moins de 35 ans, signe d'une attente forte des nouvelles générations.



