La proposition de loi sur la majorité numérique, l'éducation aux médias, la culture numérique et l'alliance éducative trace la voie vers un usage raisonné des écrans, des réseaux sociaux et des téléphones. Les Gafam sont de plus en plus attaqués par la justice. Après la condamnation du groupe Meta aux États-Unis pour mise en danger de mineurs, c'est au tour de TikTok d'être dans le viseur. En France, le ministre de l'Éducation nationale a saisi la justice, notamment pour « incitation au suicide » et la toxicité de l'algorithme, jugé « mortifère » et addictif. Plus récemment, le 29 avril, l'Union européenne a intensifié son offensive pour renforcer la protection des enfants et adolescents en ligne : après avoir rappelé à l'ordre Snapchat pour manquement à la vérification de l'âge des utilisateurs, et TikTok, elle accuse Meta d'avoir enfreint le règlement européen en laissant les mineurs de moins de 13 ans accéder à Instagram et Facebook. Cette accusation est fondée sur une enquête menée il y a deux ans.
Avancées législatives
Après les conclusions d'un rapport parlementaire sur l'impact des écrans sur les jeunes, le 31 mars, le Sénat a adopté en première lecture une proposition de loi pour interdire l'accès à certains réseaux sociaux aux moins de 15 ans. La liste noire des réseaux sociaux interdits, parce qu'ils présentent des risques pour l'intégrité des jeunes utilisateurs, sera établie par arrêté et pourra être évolutive. Si le texte est définitivement adopté, l'interdiction s'appliquera dès la rentrée de septembre 2026.
À l'école
Une certitude : si les lois et les décisions se succèdent pour « interdire les téléphones à l'école », instaurer une « pause numérique », ou protéger les jeunes des écrans, sur le terrain, en pratique, ces décisions ne sont pas appliquées. Ou sont inapplicables, comme le « casier à téléphone », mesure expérimentale tentée par Élisabeth Borne, qui n'a pas survécu au manque de budget.
Pour autant, la rue de Grenelle n'a pas perdu espoir d'éveiller les consciences et d'éduquer les enfants et leurs familles à un usage raisonné du numérique, notamment en renforçant l'éducation aux médias et à l'information mais aussi en développant la culture numérique des élèves.
En complément des compétences développées sur le temps scolaire, l'Éducation nationale mise aussi sur la force de « l'alliance éducative ». Sur ce principe, l'académie de Bordeaux propose des webinaires thématiques à destination des parents d'élèves, comme ce mercredi 30 avril, avec un échange sur « la parentalité numérique ». « L'Éducation joue pleinement son rôle et prend toutes ses responsabilités par rapport au numérique », commençait le recteur Jean-Marc Huart à l'adresse des 750 parents connectés. « C'est vraiment en travaillant ensemble qu'on arrivera à réguler et raisonner les usages », a-t-il poursuivi. Au-delà de l'échange en direct avec les parents, et des conseils concrets, le webinaire est aussi l'occasion d'exposer les démarches inspirantes, comme la pause numérique instaurée au collège Rosa Parks à Pouillon (Landes). Mais surtout de proposer des ressources aux familles, comme celles du Centre de liaison de l'enseignement et des médias d'information (CLEMI).



