Adieu Ehpad, bonjour Maisons France Autonomie : un changement de nom qui interroge
Ehpad devient Maisons France Autonomie : un simple changement de nom ?

Un nouveau nom pour les Ehpad

Ne dites plus « Ehpad », mais « Maisons France Autonomie ». C'est le souhait de la ministre déléguée Camille Galliard-Minier, qui entend remplacer l'acronyme jugé péjoratif par une appellation plus positive et patriotique. Selon elle, il s'agit d'« aborder le vieillissement de façon positive » et de transformer les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes en lieux où les seniors « souhaitent habiter et les professionnels du soin ont envie de travailler ».

Un contexte de crise

Cette annonce intervient dans un contexte tendu, marqué par le scandale Orpea en 2022, qui a révélé des maltraitances institutionnalisées et des dérives financières. Le secteur du grand âge est en pleine réflexion sur sa gouvernance et ses problèmes structurels. Pourtant, le plan Grand âge promis par Emmanuel Macron en 2018 a été réduit à la loi Bien vieillir de 2024, dont certains décrets d'application se font toujours attendre.

Une opération de communication ?

Pour beaucoup, ce changement de nom n'est qu'une opération de communication. Le gouvernement semble vouloir faire passer des vessies pour des lanternes en étendant la novlangue, ces nouveaux mots qui, dans l'œuvre de George Orwell, sont des armes de manipulation massive. Après les « techniciennes de surface » pour les femmes de ménage, l'Éducation nationale a remplacé « ballons » par « référentiel bondissant », « stylos » par « outil scripteur » et « piscine » par « milieu aquatique profond ».

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Un risque d'anesthésie de la pensée

Ces pudeurs sémantiques pourraient prêter à sourire si elles n'opéraient pas comme un anesthésiant de la pensée. En édulcorant la réalité, le discours devient aseptisé et désincarné. Se pose la question : les couloirs des Maisons France Autonomie sentiront-ils moins l'urine, la solitude et la peur de mourir ?

La langue doit rester vivante

Il n'y a pas tout à jeter dans cette révision lexicale. La langue doit évoluer pour décrire de nouvelles réalités, comme le montre le débat sur l'écriture inclusive pour l'égalité des genres. Pour changer les mentalités, il faut changer le verbe, à condition que celui-ci serve à mieux dire le réel, pas à le nier. C'est toute la différence entre un dîner romantique et un appel au réarmement démographique.

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