Grégory Doucet à Lyon : comment le maire écologiste a transformé son image pour la réélection
Doucet à Lyon : la métamorphose politique du maire écologiste

La métamorphose politique de Grégory Doucet à Lyon

Enlisé à seulement 23% dans les sondages face à un adversaire proche de la majorité, Grégory Doucet a longtemps figuré parmi les rares à croire en sa propre « remontada » électorale. Paradoxalement, malgré l'adhésion à certaines de ses politiques, le maire sortant conservait une impopularité tenace. « L'homme ne passait tout simplement pas », résume avec franchise Thomas Dossus, sénateur écologiste. Les polémiques issues d'un début de mandat jugé mal préparé lui collaient durablement à la peau.

Un changement de registre stratégique

Conscient de cette défiance, Grégory Doucet a opéré un virage communicationnel radical. Finie la communication institutionnelle traditionnelle, place à une campagne de proximité innovante, construite autour de vidéos courtes, personnelles et parfois teintées d'ironie. « Il a simplement réussi à montrer son costume de maire », analyse Gauthier Chapuis, coprésident du groupe écologiste à Lyon. « Il s'est installé dans son rôle. Quand la situation tangue, on perçoit désormais qu'il sait où il va », renchérit Benjamin Badouard, soulignant cette nouvelle assurance.

Même dans les rangs de la droite, on reconnaît l'efficacité de cette campagne. « Il y a eu Doucet pendant six ans et Grégory pendant la campagne, ce n'était clairement pas le même homme », constate l'ancien député Emmanuel Hamelin (Horizons). « Alors qu'une majorité de Lyonnais rejetait Doucet, les chantiers, les controverses... Il est parvenu à estomper ces éléments négatifs. Mais je redoute qu'au fond, il n'ait pas véritablement changé ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une maturation politique et un discours réajusté

« Si, il a changé », réplique Thomas Dossus. « Lorsque tu es aussi bas dans les sondages, tu es contraint de réfléchir aux erreurs du mandat et tu mûris inévitablement ». Les signaux envoyés après la victoire semblent confirmer cette évolution. En 2020, brandissant l'étendard du « dernier mandat pour le climat », Grégory Doucet citait le philosophe Bruno Latour et promettait de faire « atterrir » la ville. Cette fois, les références théoriques se font plus discrètes.

L'environnement, autrefois au premier plan, passe désormais à l'arrière-plan, derrière des préoccupations jugées plus immédiates par les électeurs :

  • La crise du logement
  • Les questions de sécurité publique
  • Les enjeux de santé

Son discours de victoire a salué le choix des Lyonnais de maintenir « une trajectoire responsable et républicaine » et promis « un maire à hauteur d'habitants », concluant par une citation d'Édouard Herriot : « J'ai aimé Lyon comme on aime un être vivant... ».

Un contexte politique radicalement transformé

Le paysage politique lyonnais a, lui aussi, profondément évolué. Lors du précédent mandat, les écologistes détenaient seuls une majorité confortable, avec 41 élus sur 73 sièges au conseil municipal. La donne a changé :

  1. Le nouveau mode de scrutin a réduit leur groupe à une vingtaine d'élus environ.
  2. Des alliances serrées ont dû être nouées avec le Parti Socialiste, Place publique, puis les sept élus de La France Insoumise lors d'une « fusion technique ».

Avec seulement 39 élus, la nouvelle majorité de Grégory Doucet ne tient plus qu'à un fil et ne pourrait supporter la défection d'un seul partenaire. Promettant une « nouvelle méthode » de gouvernance, le maire réélu n'a, selon Thomas Dossus, « pas le choix » : « le boulet de la défaite n'est pas passé loin ». La nécessité de composer et de trouver des compromis s'impose comme l'impératif absolu de ce second mandat.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale