Canicule en Europe : congé climatique, interdiction de travail, quelles mesures ?
Canicule : congé climatique, interdiction de travail, mesures

Alors qu'une vague de chaleur intense s'abat sur l'Europe, avec des températures approchant les 40 °C, plusieurs pays mettent en place des dispositifs pour protéger les travailleurs et les élèves. En France, 54 départements sont placés en vigilance rouge canicule ce mardi 23 juin. Les entreprises encouragent le télétravail et l'aménagement des horaires, tandis que près de 1 350 écoles et collèges sont fermés ce lundi, selon le ministère de l'Éducation nationale.

Espagne : un congé climatique rémunéré de quatre jours

Depuis les inondations meurtrières à Valence en 2024, qui ont causé la mort de plus de 200 personnes, l'Espagne a instauré un nouveau congé pour catastrophes. Le ministère du Travail a inscrit dans la loi, le 28 novembre 2024, le « congé climatique » permettant jusqu'à quatre jours de congé par an entièrement rémunérés. Un salarié y accède lorsqu'« il est impossible de se rendre au travail, non seulement parce que la vie individuelle est en danger, mais aussi parce qu'il existe un risque collectif », a déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.

Ce congé s'applique en cas d'alerte orange ou rouge de l'Agence de météorologie espagnole (AEMET) ou lorsque la Protection civile estime l'activité impossible en sécurité. Si le télétravail est possible, la mesure ne s'applique pas. Pour des jours supplémentaires, les entreprises peuvent financer le congé ou placer le salarié en chômage partiel, avec une contribution du Trésor public.

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L'Espagne adapte aussi ses écoles : elle prévoit de climatiser 140 écoles publiques et 30 centres éducatifs d'ici 2030, pour un investissement de 100 millions d'euros. Des « abris climatiques » climatisés et équipés en eau sont installés dans les écoles. Localement, à Madrid, les cours sont concentrés le matin, et à Barcelone, 25 % des budgets de rénovation scolaire sont dédiés à l'adaptation climatique. 56 écoles ont été rénovées durant l'été 2024.

Italie : interdiction de travailler aux heures les plus chaudes

Un accord du 2 juillet 2025 permet aux entreprises italiennes de déclencher un chômage technique pour payer les heures non effectuées. Plusieurs régions interdisent de travailler entre 12h30 et 16 heures lorsque le thermomètre dépasse 35 °C dans les secteurs du BTP, de l'agriculture et de la logistique. L'Italie ajuste également le calendrier scolaire : en septembre 2025, les élèves ont repris les cours par 30 °C, et les syndicats ont réclamé un allongement des vacances. Mais l'Italie a déjà les vacances d'été les plus longues d'Europe, de début juin à mi-septembre. La proposition de reporter la rentrée au 1er octobre n'a pas été retenue en raison des difficultés de garde.

Allemagne : des seuils de température pour la prévention

Le Code du travail allemand prévoit des seuils à 26, 30 et 35 °C, déclenchant des règles de prévention sans imposer automatiquement une réduction du temps de travail. Les entreprises doivent mettre en place des ventilateurs, boissons, tenues adaptées ou aménagement des horaires. Si aucune mesure n'est prise, les employés peuvent cesser le travail pour leur sécurité. Dans les écoles, chaque établissement fixe sa propre température de référence ; lorsqu'elle est dépassée, le directeur peut interrompre les cours vers midi.

Chypre : des pauses selon température et humidité

Un Code de pratique à Chypre définit des temps de repos selon des tableaux croisant exigences professionnelles, température et humidité. Par exemple, à 35 °C avec une humidité de 38 à 50 %, un travailleur effectuant une tâche physique lourde doit alterner 30 minutes d'activité et 30 minutes de pause, selon un exemple cité par BFMTV.

Des mesures encore limitées face aux risques

Ces dispositifs restent minoritaires en Europe. Pourtant, le lien entre perte de productivité et fortes chaleurs est réel : selon l'Organisation internationale du travail (OIT), si les températures mondiales augmentent durablement de 1,5 °C, l'équivalent de 80 millions d'emplois sera perdu à cause de la baisse de productivité. Les canicules pourraient pousser davantage de pays à adapter durablement l'organisation du travail et de la société.

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