« Si je vois un chien suffoquer dans une voiture, je n’attends pas, je brise la vitre », déclare Laurent Gregoriou, président de l’Association de Secours Varoise des Animaux (ASVA), basée à Roquebrune-sur-Argens. Autorisés par l’article 122-7 du Code pénal, ces sauvetages in extremis ne sont pas rares en période de canicule. Chien, chat ou autres, les animaux supportent mal les périodes de grandes chaleurs.
Des risques mortels pour les animaux
Qu’ils se retrouvent enfermés dans une voiture en plein soleil ou qu’on les promène un après-midi sur le bitume brûlant, les animaux sont sujets à des conséquences désastreuses. « Je fais des rappels sur Facebook parce que je vois trop souvent des personnes sortir leurs animaux voire faire du sport avec eux aux heures chaudes ! » s’indigne Chantal Arnaud, responsable du service de la condition animale à la mairie de Saint-Raphaël.
Certaines races et espèces, plus sensibles que d’autres, s’exposent à des risques mortels. C’est le cas de « tous les chiens au nez plat qui ont des difficultés respiratoires d’entrée de jeu », explique Laura Barety, directrice de l’ASVA.
Les bons réflexes à adopter
En tant que témoin, il est préconisé d’appeler la police, la sécurité de l’enseigne où peut se trouver le propriétaire, voire la municipalité qui fera intervenir les autorités compétentes. En attendant, il est important de prendre des photos et d’essayer de rafraîchir l’animal en « le mouillant progressivement via les pattes, surtout pas la tête ni le dos pour éviter le choc thermique », rappellent-ils en chœur.
Une recrudescence des abandons
Une fois extraits du danger, les animaux sont transportés dans des fourrières et remis en forme avant de retrouver leur propriétaire. Ce transit n’excède pas 8 jours, au-delà desquels l’animal est transféré dans un refuge. « En réalité, il est très difficile de les identifier car bien souvent les animaux ne sont pas pucés et/ou il y a une véritable volonté d’abandon », se désole Laurent Gregoriou.
La saison estivale et caniculaire est en corrélation directe avec une recrudescence des abandons. Les refuges comme l’ASVA commencent à manquer de places. Les structures d’accueil se retrouvent avec des animaux en détresse, difficiles à prendre en charge, parfois avec l’amertume de ne pas pouvoir sanctionner les auteurs de maltraitance faute de preuves. « Une fois, j’ai ramené un chien victime d’un coup de chaleur à la police qui l’a rendu à son propriétaire. La semaine suivante, je l’ai retrouvé dans la même situation », relate Chantal Arnaud.
Des limites dans les interventions privées
Dans le domaine privé, seuls les enquêteurs sont habilités à opérer pour confirmer un cas de maltraitance. « Nous nous chargeons seulement d’alerter », poursuit-elle. Selon cette élue, il existerait un véritable problème de fond : « La cause animale n’est pas assez prise au sérieux en France. » Elle se rend régulièrement dans les écoles pour sensibiliser les jeunes et leur expliquer comment faire.
Chantal Arnaud rêve de faire évoluer les choses via des projets comme la création d’un cimetière canin, d’un espace à la plage dédié aux animaux ou la réparation de toutes les fontaines de la ville pour que ces derniers puissent s’hydrater quand nécessaire.



