Bayonne confrontée aux défis climatiques : les candidats à la mairie présentent leurs solutions
Mobilités, maîtrise énergétique, réduction des déchets, agriculture durable… Les cinq candidats à la mairie de Bayonne confrontent leurs propositions pour permettre à la ville et à ses habitants de s’adapter au climat de demain. Pas besoin de traîner un thermomètre au ras du sol pour se rendre à l’évidence : en période de fortes chaleurs, certaines cours d’école et autres squares bitumés ont tout d’une pierrade, sous les pieds des Bayonnais. Quand la cité des bords de Nive se transforme en fournaise, la différence de température entre ses quartiers les plus urbanisés et la plaine d’Ansot, à tout juste 1 km du Grand Bayonne, peut grimper jusqu’à 5 °C.
Végétalisation : une priorité pour rafraîchir la ville
Végétaliser la ville est une solution clé pour faire baisser les températures. Le parvis du Crous, derrière l’église Saint-André, celui de la nouvelle médiathèque du centre-ville, ou encore les abords du stade Jean-Dauger sont récemment passés au vert. Exit l’asphalte uniforme qui emmagasine la chaleur dans la journée pour la relâcher la nuit. Mais après cela, où débitumer ? Les cours de récréation font partie des rares endroits sur lesquels les services municipaux peuvent directement agir. La majorité sortante s’est fixé l’objectif d’en transformer sept en « petits oasis », d’ici 2030. Des espaces qui bénéficient principalement aux élèves, mais pourraient servir à terme de potentiels refuges pour les riverains, hors temps scolaire.
Risques climatiques croissants : inondations et montée des eaux
Dans les décennies à venir, les événements climatiques extrêmes seront de plus en plus fréquents, au Pays basque comme partout : canicule, précipitations intenses… Ajoutez à cela la montée du niveau de la mer lié à la fonte des glaciers. Dans un entretien accordé à « Sud Ouest » en août 2025, Christophe Cassou, climatologue, coauteur du sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), évaluait la hausse à 70 centimètres en 2100. « Ce qui est considérable pour une ville comme Bayonne », relevait-il. La Nive n’a pas fini de déborder. Pour s’adapter au changement climatique, la ville va devoir continuer de chercher d’autres solutions. Car, comme souligne l’association écologiste et sociale Bizi !, « 50 % des émissions de gaz à effet de serre produites par les acteurs du territoire sont en lien avec les décisions des collectivités ».
Les propositions des candidats : un tour d’horizon des idées
Mobilités, maîtrise énergétique, énergies renouvelables, agriculture durable, réduction des déchets… Les cinq candidats à la mairie confrontent leurs idées pour réduire l’impact climatique de la commune.
Pascal Lesellier (Rassemblement national) : « Plus de sobriété et moins d’idéologie ». Il propose de stabiliser la population, de reverdir les zones minéralisées, de créer des îlots de fraîcheur et de préserver les espaces naturels comme le domaine d’Habas.
Sandra Pereira-Ostanel (LFI) : « Une ferme urbaine municipale » pour alimenter les cantines. Elle prône la lutte contre l’étalement urbain, la renaturation des quartiers et un diagnostic des émissions de gaz à effet de serre.
Jean-René Etchegaray (maire sortant, Renaissance) : « Un jardin partagé dans tous les quartiers ». Il met en avant la végétalisation systématique, le plan « une naissance, un arbre », et le développement de réseaux de chaleur.
Henri Etcheto (Parti socialiste) : Les transports « gratuits pour les moins de 26 ans ». Il priorise la rénovation énergétique des écoles, l’isolation des logements et l’apaisement de la circulation automobile.
Jean-Claude Iriart (EH Bai) : « Créer un parc naturel municipal au Prissé ». Il propose un « budget vert », le soutien à l’isolation des logements, et l’arrêt de l’artificialisation des sols.
La question épineuse de la voiture en centre-ville
Malgré le développement du réseau de transports en commun, « l’usage de la voiture explose » et tutoie les 80 % des déplacements, calcule l’association Bizi !. Aucun candidat n’est favorable à une interdiction de la circulation en centre-ville. Pascal Lesellier préfère « réguler sa présence », Henri Etcheto parle de « prioriser la circulation des riverains », Sandra Pereira refuse de « culpabiliser » ceux qui n’ont pas d’alternative, Jean-Claude Iriart prône une approche « pragmatique », et Jean-René Etchegaray souligne la baisse historique de la part modale de la voiture grâce au Tram’bus.
Face aux défis climatiques, Bayonne doit donc trouver un équilibre entre adaptation et réduction des émissions, avec des propositions variées mais un consensus sur la nécessité d’agir rapidement et concrètement pour l’avenir de la ville et de ses habitants.



