Municipales 2026 à Montpellier : les candidats divisés sur l'usine CSR d'Ametyst
Montpellier 2026 : les candidats face au projet d'usine CSR

Municipales 2026 à Montpellier : l'usine CSR d'Ametyst au cœur des débats

Le traitement des déchets s'impose comme l'un des dossiers les plus brûlants de la campagne des municipales 2026 à Montpellier. Lors d'un débat organisé par Midi Libre et le Cercle Mozart, les huit candidats ont été interrogés sur le projet controversé de construction d'une usine CSR (combustibles solides de récupération) sur le site d'Ametyst. Leurs réponses révèlent des positionnements clairement divergents sur cette question environnementale et sanitaire majeure.

Un soutien limité au projet CSR

Seuls deux candidats ont exprimé un soutien, même nuancé, à la construction de la chaudière CSR. Michaël Delafosse, maire sortant, a fermement défendu la décision prise en conseil de Métropole. "Montpellier est la seule métropole à ne pas avoir de solutions pour traiter ses déchets. Il faut agir en responsabilité. Depuis 40 ans, tout le monde se renvoie la balle", a-t-il insisté, rappelant l'urgence de la situation.

France Jamet a également donné son assentiment à la solution CSR, dont la délégation de service public a été confiée à Urbaser environnement. "Je ne suis pas contre, on ne peut pas l'éviter. Mais on doit être dans un processus de transparence", a-t-elle précisé, soulignant la nécessité d'une communication claire avec les citoyens.

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Une opposition majoritaire et argumentée

En revanche, la majorité des candidats présents au débat se sont positionnés contre le projet, avançant des arguments environnementaux, sanitaires et économiques.

  • Jean-Louis Roumégas, candidat écologiste, a émis les critiques les plus vives : "C'est un dossier inacceptable pour nous et c'est un problème de santé publique. Ce projet dangereux est placé en ville, on va dépenser 500 M€ sur cette filière". Il préconise plutôt une collecte sélective et "la réduction des déchets à la source".
  • Philippe Saurel a simplement répondu : "J'ai voté contre le CSR pour des raisons de protection des Montpelliérains. Je rejoins M. Roumégas sur l'ensemble de ses propositions".
  • Isabelle Perrein s'est également déclarée opposée à l'équipement envisagé : "On peut trier jusqu'à 80% de nos déchets, donc on n'en a pas besoin. Il va rendre malade entre 40 000 à 50 000 personnes". Elle s'inquiète également des pénalités financières liées à l'arrêt du projet, évaluées à 21 M€ par Michaël Delafosse.

Des propositions alternatives et des silences éloquents

Face à cette question fermée, certains candidats ont préféré esquiver une réponse directe pour mettre en avant des solutions alternatives.

Nathalie Oziol, attaquée sur l'implication de son suppléant René Revol dans ce dossier à la Métropole, n'a pas répondu à la question. Elle a plutôt évoqué la création d'une "convention populaire qui concernerait la gestion de tous les déchets", visant à gommer les inégalités dans la contribution de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM).

Thierry Tsagalos a proposé une inspiration venue de l'étranger : "le salut de la gestion des déchets montpelliérains devrait venir de… San Francisco et son usine de traitement des déchets de haut niveau". Associée à des filières de recyclage, cette solution représenterait un investissement de 180 M€ selon lui.

Un enjeu crucial pour l'avenir de Montpellier

Ce débat révèle que la question du traitement des déchets dépasse largement le simple cadre technique pour devenir un véritable enjeu politique et sociétal. Les candidats aux municipales 2026 à Montpellier doivent non seulement proposer des solutions concrètes, mais aussi convaincre les électeurs de leur capacité à gérer ce dossier complexe, qui implique des considérations environnementales, sanitaires, économiques et sociales.

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La division entre partisans et opposants du projet CSR d'Ametyst illustre les tensions entre une approche pragmatique cherchant une solution immédiate au problème des déchets et une vision plus idéaliste privilégiant la prévention et le recyclage. Le choix des Montpelliérains en 2026 déterminera ainsi non seulement l'avenir de cette usine controversée, mais aussi la politique globale de gestion des déchets de la métropole pour les années à venir.