Inondations en Sud-Gironde : une crise des déchets après la montée des eaux
Les syndicats de traitement des déchets du Sud-Gironde sont en alerte maximale pour gérer les conséquences des inondations de février. À Barie, commune du Réolais sévèrement touchée, la quantité d'encombrants est impressionnante, avec des réfrigérateurs, des gazinières, des machines à laver, des canapés, des fauteuils et des meubles rendus inutilisables par les eaux.
Des habitants sinistrés face à la dévastation
« L'eau est montée à plus d'un mètre dans la maison », témoignent Laurie et Lou, deux nouvelles habitantes de Barie. La Garonne a laissé une couche brunâtre sur les meubles et l'électroménager, marquant durablement les intérieurs. Un ami de la famille charge un pick-up pour transporter ces biens endommagés vers un champ communal mis à disposition, où un tas de déchets s'est rapidement transformé en dune.
Une mobilisation syndicale pour éviter la saturation
Le Sictom Sud-Gironde a accepté de fournir des bennes et d'assurer plusieurs rotations quotidiennes pour éviter les allers-retours multiples à la déchetterie. Cependant, cette initiative, déjà testée en 2021, montre ses limites. « C'est du grand n'importe quoi », regrette le maire Bernard Pagot, qui avait pourtant alerté les habitants sur les risques d'inondation. Certains ont anticipé en montant leur matériel à l'étage, mais pas tous, laissant l'électroménager au rez-de-chaussée submergé.
Un surcoût et des défis logistiques majeurs
Le syndicat estime à 400 tonnes le poids des déchets supplémentaires, générant un surcoût d'environ 100 000 euros. Les bennes de 30 mètres cubes semblent minuscules face à l'ampleur des encombrants, et des habitants de villages voisins ont profité de la situation pour jeter leurs déchets, aggravant le problème. Pour contenir cela, le Sictom a demandé à la mairie de délimiter la zone avec de la rubalise.
Une coordination étendue sur le territoire
D'autres syndicats, comme le Semoctom, sont également mobilisés. Ils ont déployé des bennes dans une dizaine de communes bordant la Garonne, de Langoiran à Preignac, collectant 90 tonnes de déchets en dix jours. Un système de déclaration en mairie a été mis en place pour les sinistrés, afin que leurs passages en déchetterie ne soient pas facturés.
Perspectives et solutions à moyen terme
Frédéric Carlet, directeur technique du Semoctom, estime que la situation pourrait durer encore deux ou trois semaines, certains habitants conservant leurs meubles en attendant les experts d'assurance. Le syndicat fait face à un surcroît d'activité de 20 à 30 %, qu'il espère absorber progressivement, malgré la nécessité de stocker et trier les déchets à la livraison.
Cette crise met en lumière les défis récurrents de la gestion des déchets après des catastrophes naturelles, avec des leçons à tirer pour les futures interventions.



