De la carriole au bac jaune : l'évolution historique de la gestion des déchets
Histoire des déchets : du chiffonnier au tri sélectif

De la carriole au bac jaune : l'évolution historique de la gestion des déchets

À l'ère du tri sélectif, du recyclage intensif et des bacs à compost pour les biodéchets, une interrogation persiste : quel destin était réservé aux ordures ménagères au siècle dernier ? "Rien ne se perd, tout se transforme", une maxime de Lavoisier remise au goût du jour pour des motifs écologiques, était déjà bien connue des ancêtres, mais pour des raisons économiques cette fois-ci.

Un voyage dans le temps vers des pratiques durables

Odile Serre a précisé : "Il est vrai qu'autrefois, on jetait beaucoup moins. Les épluchures de légumes étaient destinées aux poules et aux lapins. Les rares restes de cuisine et les os servaient à préparer la soupe du chien. Absence de briques ou d'emballages plastiques, on allait chercher le lait avec un pot en fer, les bouteilles en verre étaient consignées. On conservait soigneusement les papiers d'emballage, les vieux cartons, les bouts de ficelle." De même, le crottin d'équidé, les bouses de vaches et le purin de cochon étaient utilisés pour fertiliser les sols, illustrant une économie circulaire avant l'heure.

Le rôle du chiffonnier et les débuts de la collecte

Pour le reste, certains se souviennent du "pelharot", le chiffonnier. Durant la semaine, il ramassait principalement les chiffons et la ferraille, transportés dans une hotte sur son dos. Le dimanche soir, il guettait les peaux de lapins consommés à midi et dépecés la veille. C'était une époque où une collecte rudimentaire s'effectuait à l'aide d'une carriole attelée à un cheval, voire un mulet.

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L'émergence de la réglementation nationale

Jusqu'à la fin des années 60, la gestion des déchets ne faisait l'objet d'aucune réglementation nationale, chaque commune s'organisant selon ses propres moyens. Tout a changé avec la première grande loi du 15 juillet 1975, qui a obligé chaque commune à collecter et à éliminer les déchets des ménages. Ce ramassage est devenu l'une des premières missions du Sivom du Pic Saint-Loup, ancêtre de la Communauté de communes, créé en 1977 par Gérard Saumade, maire qui deviendra président du conseil général de l'Hérault.

Témoignages et modernisation

Frédéric Frontier a évoqué certains souvenirs : "Mon père, Claude, travaillait comme éboueur. Le camion conduit par Monsieur Bonnet allait déposer le contenu de sa benne à la décharge située au Triadou. Une vis sans fin broyait lentement la collecte, alors ramassée dans des poubelles individuelles." En 1992, la loi Royal a été promulguée pour valoriser les déchets et interdire la mise en décharge. Des conteneurs, bacs et colonnes de tri ont alors été installés, marquant une nouvelle ère dans la gestion des ordures.

Cette évolution, de la récupération artisanale à la réglementation stricte, souligne comment les défis environnementaux ont transformé nos habitudes, tout en rappelant les racines économiques des pratiques durables.

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