Un projet de centre de déchets qui divise la région de La Rochelle
La construction d'un nouveau centre de valorisation des déchets sur le terrain de la zone de l'Aubreçay, acquis il y a plusieurs années par la Communauté d'agglomération de La Rochelle, continue de susciter de vives controverses et des tensions politiques importantes. Ce dossier complexe a occupé une partie significative du mandat de la maire Évelyne Ferrand, récemment réélue au premier tour des élections municipales le 15 mars dernier.
Une opposition organisée des riverains
Une association de riverains s'oppose fermement à ce centre qui, à terme, est destiné à remplacer quatre déchetteries traditionnelles situées à Marsilly, Nieul-sur-Mer, Saint-Xandre et Lagord. Malgré son ralliement à la cause des opposants, la maire Évelyne Ferrand a dû signer le permis de construire « sous réserves », après plusieurs rebondissements devant la justice administrative qui ont marqué le processus décisionnel.
La bataille des arrêtés municipaux et préfectoraux
Il y a quelques semaines, les premiers engins de chantier sont entrés en action avant de rebrousser chemin le 9 mars, soit seulement six jours avant les élections municipales cruciales. La maire a en effet signé un arrêté portant sur l'interruption immédiate des travaux, invoquant le motif de « travaux non conformes à l'autorisation délivrée initialement ».
L'édile a particulièrement insisté sur le manque d'aménagements de sécurité adéquats sur la route départementale 107, ainsi que sur les nuisances sonores importantes générées par les engins de chantier lourds. « L'Agglomération n'a pas respecté ses engagements contractuels. Elle devait sécuriser l'entrée de la zone industrielle, notamment par la création d'un tourne à gauche sécurisé. S'il survient un accident grave, c'est le maire qui sera tenu responsable légalement. Il faut impérativement un véritable dispositif au sol pour protéger efficacement les usagers de la route et les riverains immédiats », a déclaré Évelyne Ferrand avec fermeté.
La contre-attaque préfectorale et la reprise des travaux
Deux jours après le premier tour des élections municipales, le 17 mars, le préfet de la Charente-Maritime, Brice Blondel, a contre-attaqué stratégiquement en éditant un arrêté suspensif qui annule temporairement celui de la maire de Saint-Xandre. Cette décision administrative a permis la reprise des travaux après seulement quelques jours d'arrêt technique, relançant ainsi le chantier controversé.
Les recours juridiques en cours
Mais Évelyne Ferrand ne souhaite absolument pas en rester à cette situation précaire. « Notre cabinet d'avocats spécialisés a produit, le 17 mars même, un recours gracieux officiel auprès du préfet de la Charente-Maritime », a-t-elle confirmé. Ce recours administratif pourrait bien constituer l'ultime cartouche juridique de la maire réélue, dans cette bataille qui oppose l'échelon local à l'autorité préfectorale.
Pour le moment, malgré les tensions persistantes et les incertitudes juridiques, les travaux de construction du centre de valorisation des déchets continuent leur avancée sur le site de l'Aubreçay, sous la surveillance attentive des différents acteurs impliqués dans ce conflit environnemental et politique.



