Inédit, exceptionnel, historique… Ces qualificatifs ne sont pas usurpés pour décrire l'épisode de chaleur que traverse la France en cette fin mai 2026. Avec des anomalies de température atteignant +15 °C, des records battus quotidiennement et des nuits tropicales sur le littoral atlantique, ce phénomène est hors norme pour la saison. La faute à un « dôme de chaleur » atmosphérique bloqué sur le pays, dont l'impact est amplifié par le changement climatique. Météo France pourrait déclencher une vigilance orange canicule dans plusieurs départements de l'ouest, une première aussi tôt dans l'année.
Des anomalies de température gigantesques
Les températures maximales sont bien supérieures aux normales saisonnières (moyenne 1991-2020). Dans certaines villes, l'écart atteint +13 °C à +15 °C lundi, mardi et mercredi. En plein été, une telle configuration aurait fait monter le mercure au-delà de 40 °C, comparable à la canicule d'août 2023. « À l'échelle nationale, on va atteindre une anomalie proche des records tous mois confondus », explique Frédéric Long, prévisionniste à Météo France. La chaleur s'étend à toute la France et à l'Europe, touchant l'Angleterre, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie, la Suisse et l'Autriche.
Des records battus de jour en jour
La Rochelle, Rennes, Vannes, Cholet, Argentan, Vire… Ces villes ont déjà enregistré des records mensuels de chaleur, parfois dépassés chaque jour. « On bat des records pour un mois de mai et on atteint des températures typiques de juillet, même en Bretagne », note Davide Faranda, climatologue au CNRS. À Paris, le record mensuel de 34,8 °C (29 mai 1944) est menacé mardi et mercredi.
Une vague de chaleur probablement la plus précoce
Cet épisode pourrait devenir la 50e « vague de chaleur » recensée en France depuis la Seconde Guerre mondiale, selon La Chaîne météo. Avec des seuils de température nationale (au moins 23,4 °C de moyenne sur trois jours et 25,3 °C sur un jour), elle serait la plus précoce, battant le record de juin 2022 de trois semaines. Le changement climatique rend les vagues de chaleur plus intenses, plus fréquentes, mais aussi plus précoces et tardives.
Des températures élevées sur une longue durée
Le pic est attendu mercredi, mais la chaleur pourrait durer une semaine dans certaines régions. À Paris, les 30 °C pourraient être atteints huit jours consécutifs, du jamais-vu en mai (précédent record : cinq jours en 1922). À Bordeaux et Toulouse, on pourrait compter neuf jours de « forte chaleur ». L'humidité des sols baissera rapidement, affectant la végétation et les cultures.
Des nuits tropicales dans l'Ouest
Les nuits restent chaudes, avec des températures minimales supérieures à 20 °C sur le littoral atlantique, un phénomène inédit en mai. À Rennes, la température minimale la plus haute en mai depuis un siècle était de 19,2 °C ; Météo France prévoit 22 °C mardi matin.



