Le Parc Périgord-Limousin face au changement climatique : un diagnostic alarmant pour 2050
Périgord-Limousin : diagnostic climatique alarmant pour 2050

Le Parc Périgord-Limousin lance un diagnostic crucial sur les impacts du changement climatique

Le Parc naturel régional Périgord-Limousin a commandé un diagnostic approfondi de vulnérabilité au changement climatique, révélant des conséquences multiples et inquiétantes pour son territoire. Les risques accrus d'inondations et de sécheresse, la raréfaction des ressources en eau et la fragilisation de la santé des populations figurent parmi les principales menaces identifiées.

Un territoire préservé mais vulnérable

Jeanne Leroy, chargée de mission adaptation au changement climatique du Parc, souligne : « On a l'impression qu'on est un territoire préservé, mais nous avons aussi des vulnérabilités ». Cette prise de conscience a conduit la structure, qui regroupe 75 communes en Dordogne et Haute-Vienne, à commander ce diagnostic essentiel.

Preuve de l'importance accordée à cet enjeu, le parc a créé en 2023 une vice-présidence dédiée à l'adaptation au changement climatique, confiée à la conseillère régionale Colette Langlade. « J'en ai parlé à tous les vœux auxquels j'ai participé », affirme cette dernière, déterminée à sensibiliser élus et population. Le sujet était également au cœur de la nouvelle charte du PNR, votée le 11 février, qui guidera les actions des quinze prochaines années.

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Un diagnostic transversal pour 2050

Rendu en octobre 2025, le diagnostic de vulnérabilité de 140 pages dresse un état des lieux complet du profil climatique du territoire et des principaux impacts attendus d'ici 2050. Ce document transversal examine :

  • L'économie locale et ses secteurs clés
  • La santé publique et le cadre de vie des habitants
  • La biodiversité et la préservation des paysages
  • La gestion des ressources en eau

« Nous ne sommes pas à la mer ou à la montagne, mais nous voyons aussi des conséquences du changement climatique », insistent Jeanne Leroy et Colette Langlade.

Des impacts climatiques déjà visibles

Le rapport révèle que les années 2018, 2022 et 2023 ont été les plus chaudes enregistrées depuis 1959. Le nombre de jours de gel diminue significativement, particulièrement dans le nord du Périgord, entraînant une végétation plus précoce et des gelées tardives qui endommagent les productions agricoles.

Si les épisodes de sécheresse s'intensifient et que les risques de feux de forêt et de prairie augmentent, les inondations représentent l'aléa climatique le plus fréquent sur la période 1982-2024. Mareuil-en-Périgord est la commune la plus touchée, avec entre huit et dix arrêtés de catastrophe naturelle.

Des projections alarmantes pour 2050

« En 2050, nous aurons la température de Nîmes et un niveau de sécheresse équivalent à celui de Valence, en Espagne », illustre Jeanne Leroy. Colette Langlade ajoute : « Ou -30 à -40 % de débit dans les rivières ». À plus court terme, les zones humides, nombreuses et riches en biodiversité, sont particulièrement menacées.

La chargée de mission expose également : « Plusieurs massifs forestiers sont en train de mourir. En partie à cause des champignons ou des sols appauvris, mais le climat accélère ou empire les choses ». L'élevage subit déjà les conséquences, avec des bêtes souffrant de la chaleur et une production affectée.

Conséquences sur la santé et le patrimoine

Les activités de loisirs sont impactées, comme en témoignent les fermetures d'étangs et de plages l'été dernier en raison de cyanobactéries. Le diagnostic rappelle que le patrimoine bâti n'est pas épargné : les constructions anciennes, souvent mal isolées et énergivores, peuvent se fissurer avec les mouvements de terrain.

Les populations locales subiront également des conséquences sanitaires directes : la chaleur nocturne fatiguera les organismes et favorisera les maladies transmises par les moustiques ou les tiques.

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Des actions concrètes pour l'adaptation

Face à ces constats qui « amènent beaucoup de questions », le Parc naturel régional propose des actions concrètes. Colette Langlade appelle à la projection : « Il ne faut pas forcément réfléchir à l'instant présent ». Jeanne Leroy abonde : « Faire un projet qui tiendra cinq ans, c'est du gâchis. Il faut se demander si le projet sera viable à quatre degrés de plus en 2100 ».

Le PNR organise des visites de bourgs, comme à Rochechouart, pour questionner les aménagements existants et leur résistance au futur. Parmi les actions proposées :

  1. Repenser les essences des haies pour mieux résister au climat
  2. Végétaliser les bourgs et les cours d'école
  3. Intensifier les efforts auprès des communes après les élections municipales de mars

Sensibilisation et participation citoyenne

La population est activement impliquée grâce à sept « balades pour se projeter en 2050 » organisées sur le territoire. Un concours d'écriture a permis aux habitants d'imaginer l'avenir de leur région, rassemblant plus d'une centaine de participants.

Ce diagnostic, réalisé avec le soutien de la Dreal, de l'Ademe, de la Région Nouvelle-Aquitaine et des fonds européens Feder, marque une étape cruciale dans la préparation du territoire aux défis climatiques à venir.