Un possible épisode El Niño menace de nouveaux records de chaleur en 2024
L'Organisation météorologique mondiale (OMM) de l'ONU a émis une alerte concernant un possible épisode de réchauffement El Niño cette année. Ce phénomène climatique naturel, capable d'affecter le climat mondial, pourrait se développer dans le courant de l'année 2024, selon le dernier bulletin trimestriel de l'agence.
Transition progressive vers des conditions de réchauffement
Le récent épisode La Niña de faible intensité, caractérisé par une anomalie chaude des eaux de surface de l'océan Pacifique oriental, devrait d'abord céder la place à des conditions neutres. Ces conditions, ne dénotant ni un épisode El Niño ni un épisode La Niña, sont attendues jusqu'en juillet avec une probabilité de 60%. Cependant, la probabilité de voir se développer un épisode El Niño augmente progressivement pour atteindre 40% sur cette même période.
Selon l'OMM, pour la période de mars à mai, il devrait y avoir une élévation significative de la température à la surface des terres émergées du monde entier. Cette hausse précoce des températures pourrait annoncer le développement d'un épisode plus marqué dans les mois suivants.
Prévisions alarmantes pour la seconde moitié de l'année
Si les prévisions à plus longue échéance comportent une certaine incertitude, l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) avait déjà estimé en janvier à 50-60% les chances qu'El Niño se développe entre juillet et septembre 2024. Cette probabilité substantielle inquiète les climatologues, d'autant plus que les phénomènes climatiques à grande échelle d'origine naturelle s'inscrivent dans un contexte plus large de changement climatique d'origine anthropique, comme le rappelle l'OMM.
Ce contexte amplifie considérablement les effets potentiels d'El Niño, faisant s'élever les températures mondiales à long terme, accentuant les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes, et modifiant les régimes saisonniers de précipitations et de températures.
Le précédent inquiétant de 2023-2024
La secrétaire générale de l'OMM, Celeste Saulo, illustre la gravité de la situation en rappelant que le dernier épisode El Niño, survenu en 2023-2024, a été l'un des cinq épisodes les plus intenses jamais enregistrés. Cet épisode a joué un rôle déterminant dans les records de températures mondiales atteints en 2024, démontrant l'impact considérable de ce phénomène sur le climat planétaire.
Les années marquées par El Niño figurent systématiquement parmi les plus chaudes jamais enregistrées, et dans le contexte actuel de changements climatiques à long terme, même un épisode de faible intensité pourrait pousser encore plus les températures à la hausse à l'échelle mondiale.
2026, une année potentiellement record
Les scientifiques alertent particulièrement sur le risque que 2026 devienne une nouvelle année record de chaleur si un épisode El Niño se développe cette année. D'autant que, comme l'explique l'OMM, il n'y a pas nécessairement de corrélation directe entre l'intensité d'un phénomène El Niño et l'ampleur de ses incidences.
Certains chercheurs estiment même qu'avec le réchauffement global de la planète, même les El Niño les plus faibles auront des effets importants et disproportionnés. Il se pourrait également que les épisodes d'intensité faible se fassent de plus en plus rares, laissant place à des phénomènes plus marqués et plus fréquents.
La combinaison du changement climatique anthropique et des phénomènes naturels comme El Niño crée ainsi un cocktail particulièrement dangereux pour la stabilité climatique mondiale, nécessitant une vigilance accrue et des mesures d'adaptation renforcées.



