Après trois années de stagnation, les investissements dans la lutte contre le changement climatique en Europe connaissent un regain, en réaction à la guerre au Moyen-Orient et à la crise énergétique qui en découle. Selon un rapport publié ce jeudi par l'Agence européenne pour l'environnement, les financements alloués aux énergies renouvelables, à l'efficacité énergétique et aux infrastructures vertes ont augmenté de 12 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025.
Un contexte géopolitique catalyseur
La guerre au Moyen-Orient a provoqué une flambée des prix des hydrocarbures, poussant les États membres de l'Union européenne à accélérer leur transition énergétique. "La dépendance aux énergies fossiles est devenue un risque majeur pour notre sécurité et notre économie", a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. "Nous devons investir massivement dans les énergies propres pour garantir notre indépendance énergétique et atteindre nos objectifs climatiques."
Des secteurs clés en plein essor
Les investissements dans l'énergie solaire et éolienne ont bondi de 18 %, tandis que ceux dans les réseaux électriques intelligents et le stockage d'énergie ont augmenté de 15 %. Les fonds alloués à la rénovation énergétique des bâtiments ont également progressé de 10 %. En revanche, les investissements dans les énergies fossiles ont chuté de 8 %, signe d'un désengagement progressif.
- Énergies renouvelables : +18 %
- Réseaux électriques et stockage : +15 %
- Efficacité énergétique des bâtiments : +10 %
- Énergies fossiles : -8 %
Des disparités entre pays
L'augmentation des investissements n'est pas uniforme. L'Allemagne, la France et les Pays-Bas sont en tête, avec des hausses respectives de 15 %, 13 % et 14 %. En revanche, certains pays d'Europe centrale et orientale, comme la Pologne et la Hongrie, affichent une progression plus modeste, autour de 5 %. "Ces pays restent fortement dépendants du charbon et doivent faire face à des défis sociaux et économiques pour opérer leur transition", explique Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole de l'Agence européenne pour l'environnement.
Des objectifs climatiques toujours en ligne de mire
L'Union européenne s'est fixé pour objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 55 % d'ici 2030 par rapport à 1990, et d'atteindre la neutralité carbone en 2050. "Ces investissements sont un signal positif, mais ils doivent être maintenus et amplifiés dans les années à venir", prévient Pascal Canfin, président de la commission Environnement du Parlement européen. "La guerre au Moyen-Orient nous rappelle que le changement climatique et la sécurité énergétique sont deux faces d'une même médaille."
Selon le rapport, le montant total des investissements climatiques en Europe devrait atteindre 350 milliards d'euros en 2026, contre 310 milliards en 2025. Une tendance qui devrait se confirmer si les prix de l'énergie restent élevés et que la volonté politique se maintient.



