Fête de la musique 2026 : des annulations possibles face à la canicule
Fête de la musique 2026 : annulations possibles face à la canicule

Ce dimanche, les musiciens n’auront pas d’efforts à faire pour chauffer leur public. Avec des températures qui devraient atteindre les 40 °C dans une partie de la France, la Fête de la musique 2026 s’annonce bouillante. Au point que la question de l’annulation d’événements se pose dans plusieurs villes.

Une vigilance accrue des autorités

La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, a indiqué sur RTL que le ministère de l’Intérieur restait « en lien avec les préfectures, les organisateurs, pour pouvoir déployer des pompiers, la protection civile, pour parer à toute éventualité ». Contactées par 20 Minutes, plusieurs préfectures et municipalités répondent la même chose : « On verra au cas par cas. »

Foule, soleil et musique : un cocktail à risques

« Tous les ingrédients sont réunis pour augmenter les risques, il est normal que la question de l’annulation se pose », estime Clément Gaillard, urbaniste spécialisé dans l’adaptation climatique. Et de préciser : « Quand la date de la Fête de la Musique a été fixée au 21 juin, on imaginait un moment symbolique pour profiter du début de l’été. On ne pensait pas qu’on vivrait en juin des épisodes de fortes chaleurs proches de ceux de la fin juillet ou août. »

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Le Professeur Bruno Mégarbane, chef de service Réanimation médicale et toxicologique à l’hôpital Lariboisière de Paris, s’inquiète également d’une soirée qui pourrait prendre un tournant dramatique. « On est dans une situation de chaleur intense à laquelle on additionne la musique et l’ambiance festive. C’est un cocktail qui fait qu’on peut être moins à l’écoute de notre corps. »

Outre les fortes températures renforcées par un contexte urbain très minéralisé, l’urbaniste Clément Gaillard rappelle l’effet de la foule qui, en plus de « couper » le vent, créé de la chaleur. « Une personne immobile dégage près de 100 watts. En plein soleil, vous recevez sur la tête environ 800 watts. Si autour de vous, vous avez 3 ou 4 personnes qui “crachent” 150 ou 200 watts de chaleur, ça crée un environnement particulier qui s’ajoute à d’autres risques », explique-t-il. Lors d’un concert à Rio de Janeiro, une spectatrice est morte seulement dix minutes après être entrée dans le stade.

Attention aux publics sensibles

« Le corps humain doit rester à une température interne de 37 degrés, détaille le Professeur Bruno Mégarbane. Il y a plusieurs façons de se débarrasser de la chaleur : par radiation, par convection, par sudation. Lorsque la température atmosphérique est supérieure à 37, il ne reste que la sudation. » Et pour cela, il faut avoir une hydratation suffisante. Or, dans ces moments festifs, certains oublient de s’hydrater ou peinent à trouver un point d’eau. En revanche, l’alcool coule souvent à flots et participe à la déshydratation.

Par ailleurs, la très populaire Fête de la musique attire un public très large. Or, certains participants prennent des médicaments ou des drogues qui bloquent la sudation. « Les traitements à visée du système nerveux central comme les antidépresseurs, certains neuroleptiques, ou un certain nombre de médicaments destinés aux maladies vasculaires ont cet effet. C’est également le cas des stimulants comme la cocaïne », alerte Bruno Mégarbane.

Double peine pour les secouristes

De l’insolation (maux de tête, fatigue) au coup de chaleur (température interne au-dessus de 40 °C avec confusion, convulsions voire coma), tout le monde est concerné. Y compris les musiciens, les forces de l’ordre qui sécurisent l’événement ou même les secours eux-mêmes.

À défaut d’annuler la Fête de la musique, le praticien recommande de privilégier les lieux ombragés. Le maire d’Angers, Christophe Béchu, a annulé plusieurs événements trop exposés. Reste que l’ombre n’est pas toujours simple à trouver. « La Fête de la musique se passe souvent en ville où on n’a pas toujours beaucoup d’ombre contrairement à ce qu’on pourrait penser, ajoute Clément Gaillard. Il y a bien les solutions mobiles comme les barnums ou les parasols, mais ça protège peu d’espace et ça coûte souvent cher aux organisateurs. »

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Créer de l’ombre : la solution des voiles temporaires

L’urbaniste plaide pour l’utilisation de hauts vents et surtout de voiles d’ombrage. « Sans agir sur la température de l’air, ils permettent de gagner en confort thermique. » Une solution qui revient en force avec le réchauffement climatique comme à Rennes ou à Toulouse.

Autres solutions : l’arrosage des spectateurs avec des lances à eau, comme au Hellfest, ou des ventilateurs géants. « C’est très utilisé dans les espaces publics aux États-Unis. Ils font environ un mètre de haut et cela permet de créer une ventilation très utile pour les événements de masse », note Clément Gaillard. Dernière solution : déplacer la Fête de la musique à une autre période, moins en proie aux fortes chaleurs. « Il y a des festivals qui l’ont fait par exemple au Portugal. » Et pourquoi pas une Fête de la musique pour le Solstice d’hiver… le 21 décembre ?