Feux de forêt : la France vulnérable faute de prévention
Feux de forêt : la France vulnérable faute de prévention

Alors que nous ne sommes que début juillet 2026, les capacités des services de lutte contre les incendies sont déjà presque à saturation, s'inquiète la géographe Pauline Vilain-Carlotti, auteure de « l’Épreuve du feu. Habiter autrement la Terre » (éd. Flammarion). La faute à une politique de prévention insuffisante, selon elle.

Une saison des feux particulièrement intense

Les Pyrénées-Orientales, l’Aude, le Gard et la Drôme ont été le théâtre de plusieurs incendies redoutables en une semaine, sous l’effet du vent, des fortes chaleurs et de la grande sécheresse de l’air. Environ 11 000 hectares ont déjà été ravagés en France, contre 5 700 l’an passé à la même époque. Dans le massif des Aspres, le feu a parcouru environ 4 900 hectares malgré la présence de 700 sapeurs-pompiers appuyés par 200 véhicules, et 10 000 personnes ont reçu l’ordre d’évacuer.

Une vision sécuritaire critiquée

« Nous sommes prisonniers d’une vision purement sécuritaire du risque incendie », déclare Pauline Vilain-Carlotti dans un entretien au journal EcoloObs. Face au changement climatique, déployer des hommes et des Canadair ne suffit plus. La spécialiste des incendies appelle à repenser l’aménagement du territoire et à renforcer la prévention, notamment en limitant l’urbanisation en zones à risque et en favorisant des pratiques agricoles et forestières moins inflammables.

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Des moyens de lutte saturés

Les services de secours sont sous pression. Le nombre de départs de feux a augmenté de 30 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, selon les données préliminaires des autorités. Les pompiers, épaulés par des renforts nationaux et internationaux, peinent à contenir les flammes. La sécheresse des sols et la végétation desséchée créent des conditions propices à la propagation rapide des incendies.

Appel à une politique globale

Pour Vilain-Carlotti, il est urgent de dépasser la seule logique de lutte pour investir dans la prévention à long terme. « Il faut revoir notre rapport au feu et au territoire, et accepter de vivre avec le risque plutôt que de tenter de le maîtriser uniquement par la force », insiste-t-elle. Des mesures comme le débroussaillement obligatoire, la création de coupures vertes et la restriction des constructions en zone sensible sont autant de pistes évoquées.

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