Un « petit groupe défendant les intérêts des énergies fossiles »… Des représentants de dizaines de pays en développement, de l’Union européenne et de la Suisse ont exprimé des inquiétudes jeudi. Ils expliquent que certains pays cherchent à saper le consensus scientifique sur le réchauffement climatique, lors des négociations sur le climat en amont du sommet de la COP31 qui se déroulent à Bonn (Allemagne).
Des intérêts puissants dénoncés
« Il existe des intérêts puissants qui cherchent désespérément à protéger leur richesse et leur influence », a déclaré le chef de la délégation fidjienne, Sivendra Michael. « Nous voyons certains pays prendre le processus en otage alors que des populations vulnérables souffrent du stress thermique, des marées exceptionnelles, des tempêtes, de la sécheresse et de la famine », a-t-il ajouté.
C’est à Bonn que sont rédigés les textes et que les divergences sont aplanies en amont des décisions qui seront prises par les dirigeants politiques lors de la COP31, la conférence sur le climat parrainée par l’ONU. Elle doit débuter le 9 novembre à Antalya, en Turquie.
Des pressions dans toutes les négociations
Aucun pays n’a été cité nommément. Mais l’Arabie saoudite, pays riche en pétrole, s’est opposée à toute formulation exprimant des inquiétudes concernant le phénomène climatique El Niño, ainsi qu’à demander au Giec de fournir des mises à jour régulières sur la science du climat, a rapporté le bulletin indépendant Earth Negotiations Bulletin.
L’Inde a aussi suggéré de supprimer toute référence à des « changements irréversibles », a ajouté le bulletin, qui suit les négociations des traités de l’ONU et est autorisé à assister à des discussions qui ne sont généralement pas ouvertes aux journalistes ni au public.
Plusieurs États riches en pétrole ont été accusés de faire obstacle à l’action climatique en exploitant le processus fondé sur le consensus qui régit les sommets de la Conférence des Parties (COP) parrainés par l’ONU. L’Inde, l’Arabie saoudite et la Chine ont fait pression en mars pour que la publication de la prochaine grande évaluation climatique du Giec soit reportée d’un an, jusqu’en 2029, une initiative à laquelle s’est opposée l’UE, entre autres.
L’UE défend la science
« L’UE appelle toutes les parties à défendre la science, à soutenir le Giec et à promouvoir l’intégrité de l’information, ici à Bonn et au-delà », a déclaré le représentant de l’Union européenne. Les scientifiques affirment qu’il est essentiel de maintenir le réchauffement climatique aussi près que possible de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels pour éviter les pires impacts du changement climatique.
Cette limite a été convenue par près de 200 pays dans le cadre de l’accord de Paris de 2015, mais elle pourrait être dépassée d’ici 2030. Mardi, la présidente et négociatrice en chef de l’Alliance des petits États insulaires s’est dite « extrêmement préoccupée par les tentatives visant à dissocier et à remettre en cause les meilleures données scientifiques disponibles ».



