Climat sexiste : les ONG alertent avant le G7 sur l'impact sur les femmes
Climat sexiste : les ONG alertent avant le G7

À l'approche du G7, des ONG alertent sur l'impact disproportionné du changement climatique sur les femmes : insécurité alimentaire, violences, pauvreté. Paradoxe : l'aide publique au développement a chuté de 23 % en 2025, la plus forte baisse jamais enregistrée.

« Le changement climatique est sexiste »

C’est le constat sur lequel alertent plusieurs ONG en amont du G7, dénonçant l’écart croissant entre les annonces politiques et la réalité des financements. « C’est un accélérateur de la mise à risque des femmes. Quand il y a des sécheresses, quand on a des récoltes qui échouent, ce sont les femmes qui mangent en dernier, et le moins », résume Mathilde Henry de CARE France.

Les chiffres donnent le vertige. 47,8 millions de femmes de plus que d’hommes souffrent d’insécurité alimentaire dans le monde. Chaque hausse de 1 °C de la température mondiale est associée à une augmentation de 4,7 % des violences conjugales, selon une étude de l’Initiative Spotlight. Et l’inaction climatique pourrait faire basculer jusqu’à 158,3 millions de femmes et filles supplémentaires dans l’extrême pauvreté d’ici 2050, selon ONU Femmes.

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Des financements en chute libre

Alors que la France préside cette année le G7 et s’est dotée d’une stratégie de diplomatie féministe pour 2025-2030, les associations tirent la sonnette d’alarme sur l’effondrement des financements. En 2025, l’aide publique au développement des pays de l’OCDE a chuté de 23,1 % - la plus forte contraction jamais enregistrée - Allemagne, États-Unis, Royaume-Uni, Japon et France représentant à eux seuls 95,7 % de cette baisse.

Le Fonds de soutien aux organisations féministes (FSOF), « l’initiative la plus emblématique de la diplomatie féministe de la France », a été « sérieusement impacté », déplore Plan International France. « On peut vous traduire tout ça en nombre de morts, d’enfants déscolarisés, de mariages d’enfants », alerte Michelle Perrot.

Des femmes porteuses de solutions

Pour autant, les ONG refusent de cantonner les femmes au statut de victimes. « Les femmes ne sont pas seulement vulnérables. Si on les soutient, elles peuvent devenir des agents du changement », fait valoir la chercheuse vietnamienne Hoang Thi Ngoc Ha. Les femmes des communautés autochtones restent néanmoins « quasi systématiquement écartées » des espaces de décision internationaux, dénonce l’Équatorienne Gladys Yolanda Guamán Casillas.

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