Les épisodes caniculaires qui se succèdent cet été pourraient coûter à la France entre 10 et 15 milliards d'euros, a annoncé mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, lors d'une réunion du Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH). Alors que 80 départements sont placés en vigilance orange canicule, l'Hexagone traverse sa troisième vague de chaleur de la saison.
Une troisième vague de chaleur étendue
Cette nouvelle vague survient après un épisode exceptionnellement intense fin juin et une période du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Un épisode caniculaire précoce avait également eu lieu fin mai. Selon la ministre, ces périodes de fortes chaleurs sont de plus en plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année, dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines.
Les perturbations économiques sont déjà visibles. Le parc de réacteurs nucléaires d'EDF a atteint mercredi matin un record d'indisponibilités dites « environnementales », liées aux fortes chaleurs et à l'arrivée massive de méduses dans la centrale de Gravelines (Nord), selon des calculs de l'AFP.
Sécheresse record et restrictions d'eau
La sécheresse ne cesse d'empirer. Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est « la plus critique jamais enregistrée à cette période » de l'année, avec 43 % d'entre eux – soit près de 1 370 cours d'eau – présentant des ruptures d'écoulement ou des assecs, a indiqué la ministre mercredi.
Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94 % de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP. Le gouvernement a également revu en hausse le nombre de personnes affectées par des coupures d'eau du robinet, désormais « plus de 40 000 ».
Appel à la rigueur dans l'application des mesures
Monique Barbut a appelé mercredi les préfets à faire appliquer les mesures « avec rigueur », à renforcer les contrôles et à n'accorder des dérogations qu'à titre « exceptionnel ». Ces consignes visent à faire face à une situation hydrologique sans précédent, alors que la France subit des canicules à répétition qui pèsent lourdement sur l'économie et la vie quotidienne.



