Alors qu'une deuxième vague caniculaire frappe la France en juin 2026, avec des températures dépassant 40°C le jour et ne descendant pas sous 25°C la nuit, la moitié des départements sont en vigilance rouge et plus de 90% de la population est soumise à des chaleurs extrêmes. Cette situation, qui entraîne fermetures d'écoles et arrêts de trains, est qualifiée de catastrophe politique par Grégoire Leménager, directeur adjoint de la rédaction du Nouvel Obs, dans un éditorial publié le 25 juin 2026.
Une catastrophe annoncée depuis des décennies
Leménager rappelle que les experts alertent depuis longtemps, citant Jacques Chirac en 2002 : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Il souligne que les canicules sont des « tueuses silencieuses et invisibles », selon le sociologue Eric Klinenberg. L'éditorialiste déplore le manque d'anticipation des gouvernements successifs, pointant la réduction drastique du fonds vert pour la rénovation du bâti, passé de 2,4 milliards d'euros en 2024 à 837 millions en 2026.
Le populisme et le déni climatique en cause
L'article dénonce le populisme hostile à « l'écologie punitive » qui a prospéré ces dernières années, aggravant les inégalités et empêchant les plus démunis de faire face. Il appelle à sortir du déni climatique entretenu par des « démagogues trumpistes » qui nient le réchauffement. Selon Leménager, les prévisions du Giec sont scientifiques, non alarmistes, et ne pas agir revient à « mettre la tête dans un four ».
Adapter sans renoncer à atténuer
L'éditorial insiste sur la nécessité d'adapter les hôpitaux, écoles, logements et transports, tout en réduisant les émissions de carbone. Il critique l'extrême droite qui, selon la géographe Magali Reghezza-Zitt, se limite à répéter « climatisation » sans solution globale. Leménager conclut que les candidats à la présidentielle de 2027 qui minimiseront l'urgence climatique seront « les complices criminels d'une évidente défaite ».



