Ce lundi, la France suffoque sous une nouvelle vague de chaleur extrême. 49 départements sont placés en vigilance rouge canicule, et plusieurs records de températures ont déjà été battus localement, notamment dans le Cher, où le thermomètre a dépassé les 42 °C.
Des records qui ne surprennent pas les scientifiques
Pour les scientifiques, cette situation n'a rien d'une surprise. Magali Reghezza-Zitt, géographe et ancienne membre du Haut conseil pour le climat, était invitée sur France Inter. Elle rappelle que ces épisodes qualifiés d'« exceptionnels » — « comme en 2019, comme en 2022, comme en 2023, comme en 2024 » — le seront de moins en moins. Selon elle, les températures observées ces derniers jours pourraient même paraître relativement modérées d'ici quelques décennies. « Les années les plus fraîches de notre avenir sont probablement celles que nous vivons actuellement », résume-t-elle.
« Ce n'est pas un épisode, c'est quelque chose qui s'ouvre »
Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences et directeur de recherche au CNRS, également invité sur France Inter, a estimé : « ce n'est pas un épisode, c'est quelque chose qui s'ouvre et qui n'a pas de fin. » La géographe rappelle que les climatologues alertent depuis plusieurs décennies sur les conséquences du réchauffement climatique. À mesure que les émissions de gaz à effet de serre augmentent, les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus longues et plus intenses. Des phénomènes autrefois rares risquent ainsi de devenir habituels à l'horizon 2050.
Des alertes minimisées dans le débat public
La chercheuse regrette que les alertes répétées du monde scientifique aient parfois été minimisées dans le débat public. Alors que les épisodes de chaleur extrême se succèdent ces dernières années, elle rappelle que la réduction des émissions reste le principal levier pour limiter l'aggravation du phénomène.



